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Extrait Mirta YANEZ

Mirta YANEZ
Faux papiers
traduit de l’espagnol (Cuba) par Françoise Garnier
ISBN 978 2-911686-49-8
2007
15 €

Dédale ou lambeau

Dès le matin, la journée s’était annoncée brumeuse et les mouettes piaillaient pressentant la tempête. Son esprit troublé par le temps et le désarroi de semaines de solitude le poussa à parcourir à pied la distance qui va de son domicile temporaire à la tour que les autochtones con naissent sous le nom de phare du Vieux Môle. C’était le dernier jour de sa résidence à Saint-Nazaire et il avait pris l’habitude de faire ses adieux, chaque fois, pour toujours.

Il avait des choses à dire et quoi de mieux que de parler aux pierres de la digue. Il s’assit sur les rochers et regarda voler les mouettes, celles-là mêmes peut-être qui nichaient sur le balcon, à l’arrière de l’appartement. Le son de binious accompagnait la lente tombée de la nuit, un crépuscule d’été qui n’en finissait pas.

Essayant d’échapper au tumulte des éléments, quelques petits bateaux rentraient en hâte se mettre à l’abri, tandis que le ressac entraînait feuilles, morceaux de bois et même un étrange oiseau mort, qui semblaient fuir on ne sait quoi. Il se souvint alors d’une nouvelle de Guy de Maupassant où les objets avaient décidé de s’enfuir de la demeure du personnage. L’un après l’autre s’échappaient armoires, vaisselle, lampes, cadres, tables et tous les ustensiles qui lui avaient appartenu depuis longtemps, et ils disparaisssaient sans laisser de trace. La maison du conte était vide. Comme sa vie, pensa-t-il.

traduit de l’espagnol (Cuba) par Françoise Garnier

Jirón o dédalo

Desde la mañana, el día se había anunciado brumoso y las gaviotas chillaban bajo el barrunto de tormenta. El espíritu en confusión con la naturaleza y el desasosiego de semanas de soledad, lo llevó a tomar la decisión de cubrir el tramo a pie entre su pasajero sitio de residencia y la torre que los habitantes locales reconocen como el faro del Vieux Môle. Era la última jornada de su estancia en Saint-Nazaire y había adquirido la costumbre de despedirse, cada vez, para siempre.

Tenía algunas cosas que contar y nada mejor que hablar con las piedras del rompeolas. Se sentó en el cantal y vio volar las palomas, quizás las mismas que anidaban en la terraza trasera del apartamento. El sonido de unas gaitas bretonas acompañaba la lenta caída de la tarde, un atardecer de verano que no terminaba nunca.

En su intento por escapar del fragor de la intemperie, algunos barquichuelos retrocedían apresurados para ponerse a recaudo, mientras la resaca arrastraba hojas, palos y hasta una extraña ave muerta, como si huyeran de quién sabe qué. Se acordó entonces de un cuento de Guy de Maupassant donde los objetos decidían fugarse del hogar del protagonista. Uno tras otro se escapaban armarios, vajillas, lámparas, cuadros, mesas y todos los trastos que antaño le habían pertenecido, se extraviaban sin dejar rastro. La casa del cuento quedaba vacía. Así su vida, pensó.

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