Avant-dire
Le vent vous prend par les épaules et il vous pousse. Devant vous, c’est la mer. Derrière vous il y a toutes les paroles que vous avez dites avec plus ou moins de conscience, plus ou moins de conviction, en touchant plus ou mois la vérité qui, elle aussi, flotte assez terriblement désarrimée dans le vent – son vent à elle, qui est encore plus terriblement le vent. C’est cela que je me répète à l’envi, ici à Saint-Nazaire, face à l’Atlantique qui, invisiblement, dans son espace où va et vient l’air géant comme sur une scène de théâtre faite pour lui, dévore toutes nos paroles.
J’ai parfois, dans ma vie, parlé. En marge du fait d’écrire, qui est l’occupation habituelle de l’écrivain, j’ai été interrogé et sollicité de répondre. Comme si vraiment, je savais !
