Instant premier
Je marche sur l’étroit sentier qui me conduit à la rivière. Rouge, le ciel crevé de jaunes véloces et de violets profonds. Un nuage
en suspens sur cette lampe nue s’imagine agneau d’or. Au milieu des herbes sauvages, les ongles des étoiles. Limpide est l’arche
des arbres jumeaux amoureux. Et je pense, marchant, des syllabes légères qui de loin me viennent en pluie fine,
le paysage est une ébauche arborant ces syllabes promises à quelques vers pour entraîner l’âme en musique.
