Lettre à Hugo
Du fond des temps lointains, les lumière blanches que je voyais le soir depuis le train en marche revinrent d’un pas discret. C’était les lumières de l’usine Dalmine Siderca que l’on apercevait, je ne sais plus à quel moment, pendant le trajet de Rosario à Buenos Aires. Dans l’après-midi du port de Saint-Nazaire, les lumières rendent à celles-là l’opacité de l’oubli. La comparaison est une des obsessions de celui qui laisse son pays. Impossible de l’éviter, même quand on le sait. Les lumières qui a huit heures du matin de cet automne meurent dans le port, prennent la nuit venue diverses couleurs : vert, bleu, orange, rouge, blanc et l’eau les reçoit pour les transformer en reflet. Toutes ensemble, sur fond de ville et de fumée des cheminées de l’arsenal, elles offrent le spectacle étrange et beau que l’on peut seulement contempler depuis cet édifice, le plus haut de toute la zone.
