année de publication : 2002

  • Encore un air sinistre

    Encore un air sinistre

    Mes paupières s’écartent comme en un bâillement. Je suis vanné, les bras en croix, sur ce matelas dur.

    Il est déjà huit heures vingt-trois d’après les numéros fluorescents du réveil sur la petite table près de la tête du lit. Mille particules de poussière flottent en l’air devant moi. Complètement endormi sur l’oreiller, j’aperçois des cheveux, d’une longueur kilométrique, qui ne peuvent être les miens.

    Mon dos se réchauffe doucement, je le perçois peu à peu, le soleil au milieu des rideaux déteints y contribue. Je me sens lourd et me souviens à peine de la soirée d’hier, ah si, je me rappelle, encore elle, mais cette fois c’était plus…Ah j’ai mal au crâne.

    Il devait être sept heures à peine, la nuit commençait à tomber. Dans la journée, on avait traîné au club, c’est pourquoi à cette heure, on était déjà lessivés. Les vagues de soleil et les cris de la mer ; des aboiements et ton prénom par intervalles pour que tu sortes de l’eau : « Viens on va boire un coup à la Roca, dépêche », j’ai dit à Paula. Non, et j’ai couru chercher la serviette sur la grève. Mes pieds se sont couverts, mouillés de sable encore tiède tandis que je filais vers la chambre louée pour le week-end.

    Salvatore Maldera SATTORI

  • Dix-sept diptyques en prose

    Dix-sept diptyques en prose

    À l’heure du déjeuner j’avais vu des peintures d’Henri Rousseau, le douanier comme on l’appelait : il y avait là un tableau représentant un paysan sur le chemin du retour, le long d’un mur, si bien que je me demandai d’où il pouvait venir – je m’étais ensuite, dans la pièce où je me reposais, abandonné au sommeil, ç’avait été un doux abandon, avait été d’une petite pension la chambre onze dont la fenêtre donnait par-dessus les toits vers les maisons à colombage de la ville : le soir, j’allai dans une auberge où l’on me désigna une table à laquelle étaient déjà installés des clients, deux et une à un ange pareille, avec qui je mangeai, qui ensuite m’accompagna, à un concert – c’était la Messe en mi mineur d’Anton Bruckner et malgré le carême on chantait le Gloria, remarqua ma compagne.

    Michael DONHAUSER

  • Revue n°6 – 
New Dehli / Bucarest

    Revue n°6 – New Dehli / Bucarest

    Sommaire
    Patrick DevillePourquoi j’aime Pourquoi j’aime l’étrange cas de Billy Biswas
    Esther DavidPourquoi j’aime l’étrange cas de Billy Biswas
    Arun JoshiL’étrange cas de Billy Biswas
    Mahasweta DeviDraupadi
    Gauri DeshpandeConfiture de rose
    AmbaïLa boîte en plastique pleine de divinités
    PremchandLes joueurs d’échec
    Esther DavidKaddish
    Odile SerreUn continent inconnu
    Gellu NaumL’Arbre-Animal
    Benjamin FondaneLa chanson de Samson/Psaume
    Virgil MazilescuPoèmes
    Virgil MihaiuPoèmes
    Paul DaianPoèmes
    Gabriela AdamesteanuRue Corialan
    Stefan AgopianMourir pour la patrie
    Alexandru VladDes olives pour presque rien
    Ioan GrosanL’île
    Michael SpeierRue Mazarine
  • Revue n°5  –

    Revue n°5 –

    Sommaire
    Miguel Otero SivaQuand je veux pleurer je ne pleure pas
    Arturo Uslar PietriQuand je serai grand
    Salvador GarmendiaMémoires d’Altagracia
    Julio GarmendiaLe défunt moi
    Victoria de StefanoHistoires de la marche à pied
    Luis Miguel IsavaPoèmes
    Rafael Castillo ZapataProvidence (extraits)
    Miguel MarquezPoèmes
    Yolanda PantinPoèmes
    Jürgen RitteÀ travers les fleuves
    Peter RühmkorfPoèmes
    Oskar PastiorPoèmes
    Ulrike DraesnerPoèmes
    Jean KrierPoèmes
    Thomas KlingPoèmes