Quatre bandits
Au Copton club
de Harlem
chaque nuit
nous étions quatre buveurs
joyeux bandits capables de souffler
n’importe où pratiquement
pourvu qu’on eût de la musique
nous prenions du bon temps sans vraiment nous soucier
du pain et autres foutaises
Non loin
à cent mètres de chez lui
mourut assassiné
le premier d’entre nous
Chano Pozo
percussionniste
confondu
si l’on en croit la légende
avec un faux prophète
l’endroit était ainsi
et il nous enchantait
Partout l’on trouve
du blues ou du gospel commercial
Jamais au Copton
ni à l’office dominical (…)
année de publication : 2005
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Contrées
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Rives, rivages, la mer
À peu près ceci : Une femme se traîne dans un champ de friches durci par le gel, elle tient deux enfants par la main, qu’elle tire derrière elle. De temps à autre, elle s’immobilise. Peut-être tombe-t-elle à genoux pour ouvrir largement les bras et serre les deux enfants contre elle. Elle s’immobilise telle une pietà. Les enfants sont silencieux, dociles, raisonnables, l’un a trois ans, l’autre cinq. La femme se relève, trébuche, se rattrape, la rive n’est pas très loin. Cette rive décrit une large courbe, elle est plate. Ils l’atteignent. Ils s’immobilisent. La femme s’immobilise. Puis une agitation parcourt son corps enveloppé dans un manteau de drap fin, c’est comme une secousse qui envoie sa tête vers le ciel. Elle rassemble ses forces pour mieux tenir les enfants par la main, elle resserre ses doigts sur les leurs et commence à marcher dans l’eau où les deux enfants dociles et muets ne tardent pas à disparaître devant elle, et puis le silence se referme sur le fleuve, peut-être des blocs de glace glissent-ils sur les corps, de sorte que ces derniers ne remontent pas à la surface avant l’estuaire du fleuve, avant la mer, avant la fin.
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Revue n°9 – São Paulo / Le Cap
Sommaire
Patrick Deville Éditorial Patrick Houdin Présentation Modesto Carone Des jours meilleurs Zulmira Ribeiro Tavares La curieuse métamorphose pop de Plácido Bernardo Carvalho Quatre mouvements progressifs de la chaleur Nelson de Oliveira À cette époque nous avions un chat Fernando Bonassi Les mots et les choses Luiz Ruffato La Démolition Bruno Zéni Corps à corps avec le béton Veronica Stigger Domitila Milton Hatoum Deux temps Luis Fernando Verissimo Le policier anglais Maud Félix-Faure Présentation André Brink Peut-être jamais (extrait) J.M.Coetzee Conférence Nobel Lui et son homme Sello Duiker Cette violence qui sommeille dans les rêves Antjie Krog Poèmes ménoposaux/ Rencontre d’athlétisme dans la nouvelle Afrique du Sud Zakes Mda Le messager des baleines Zoë Wicomb Rien à voir avec le vent Ivan Vladislavic Une île accidentelle