année de publication : 2007
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La gare des rêves
Je ne veux pas laisser à Saint-Nazaire le souvenir d’une canaille. Je sais que je pourrais me taire. Il suffirait de bazarder ces aveux concernant ma responsabilité dans la mort de Gérard que je n’ai connu qu’en rêve et dont la véritable existence ne m’a été révélée qu’après sa mort. Seule ma conscience m’oblige à me faire connaître. Finalement cet ancien héros de la Seconde Guerre mondiale est mort de mort naturelle. Cependant je me sens responsable de ce qui lui est arrivé tout comme la tragédie de la gare des rêves de cette ville bretonne.
Je me suis engagé auprès de la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs (meet) à produire une œuvre qui sera publiée dans la collection bilingue des écrivains invités. Laisser une vingtaine de poèmes, les uns composés sur place, d’autres dans mon pays serait la façon la plus simple de tenir mes engagements et au passage une astuce pour me dispenser d’écrire ces pages que je crois devoir laisser aux habitants de la ville et en général à tous ceux qui désirent connaître l’histoire de mon infamie, si tant est que j’aspire à un peu de compréhension et à quelque réconfort pour soulager ma conscience.
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Les petits miroirs
I.
Ton futur est une plage faite de traces façonnées. Quand tu marches, plutôt que faire simplement des pas, tu accomplis. Tu obéis à quelque chose d’écrit à l’avance par des pas qui, bien qu’ils ne soient pas les tiens, se transforment en destin à mesure que tu traverses le miroir de sable.
II.
Au fond le bonheur te fait mal ; tu sais qu’il passera et survivra comme ces étoiles qui éclairent encore, décapitées.
III.
Ta peau fait taire le débordement de tout un air vivant. Sur elle s’est fragilement cristallisé un linceul paisible qui veille, en le protégeant, sur le tiède abîme du sang, le vertige revêche du temps.
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Revue n°11 – Tokyo / Luanda
Sommaire
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