année de publication : 2017

  • Délires simultanés

    Délires simultanés

    J’avais écrit mon texte intitulé Simultané il y a deux ans et demi, à Heybeliada. Cela n’avait abouti qu’à un synopsis un peu bancal, que je n’avais jamais pu remettre sur ses rails, il est clair qu’il va prendre sa place parmi mes nombreux autres textes avortés. L’idée m’en était venue à l’époque où nos relations amicales avec Yigit Bener s’intensifiaient et mon projet d’écriture mûrissait de plus en plus rapidement au fur et à mesure que je le cuisinais sur le travail qui lui servait de gagne-pain ; j’avais élaboré dans mon imagination une figure qui serait en quelque sorte un sosie de Yigit, et pour qu’on ne puisse pas établir un lien direct avec lui, mon « personnage » était quelqu’un qui n’avait rien d’un littéraire mais qui avait mené des travaux théoriques/universitaires dans son domaine, qui maîtrisait l’allemand au même niveau que sa langue maternelle, qui interprétait au haut niveau dans les rencontres internationales (tout comme Yigit), mais qui pétait les plombs à la suite d’un épisode psychotique galopant et à double étiologie, finissant par être interné, sans aucune rémission depuis.

    Yigit BENER

    Enis Batur

  • Le parasite

    Le parasite

    Si je ne croyais pas obstinément en la force de la parole écrite, je n’aurais jamais consigné cette confession faite de fragments. Même ma détresse n’aurait pu m’y contraindre, et, au lieu, de griffonner aussi piteusement ces pages qui doivent me présenter comme un monstre aux yeux du lecteur, j’aurais sans doute mieux fait de m’adresser au psychiatre. Mais je n’ai pas osé me faire soigner, parce que je craignais que mes médecins ne me rendent encore plus malade.

    Voilà pourquoi j’ai opté pour le journal. J’ai espéré que mes viles pensées seraient un jour englouties par le silence des pages qui les enserrent, et que les parole écrites allaient gracier mes sentiments malades gardés secrets, dont je n’aurais osé parler à personne. J’ai préféré me taire, assumant le mensonge continuel qui, insensiblement, a construit un piège à ma lâcheté, pour que, après des années de fuite, il me capture définitivement.

    Ferenc BARNAS

  • Revue n°21 – Lima / Lisbonne

    Revue n°21 – Lima / Lisbonne

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation de Diego Trelles Paz
    Mario Vargas LlosaP’tit Pierre
    Oscar Colchado LucioLa maison du Cerro « El Pino »
    Victoria GuerreroDeux poèmes
    Guillermo Niño de GuzmánChevaux de minuit
    Antonio Gálvez RoncerosJacinto et Manfreda
    Carmen OlléUne jeune fille sous son parapluie
    Alfredo PitaExpulsés du paradis
    Goran TocilovacBeauté immobile
    Leyla BartetSans motif apparent
    Jeremías GamboaLa terre dont nous sommes faits
    Fernando AmpueroLongueurs de bassin avec Julio Ramón
    Richard ParraNecrofucker
    Présentation de José Mário Silva
    Ana Margarida de CarvalhoOn ne peut pas habiter dans les yeux d’un chat
    David MachadoLe monde silencieux de Diamantino
    Filipa LealLa ville liquide
    Gonçalo M.TavaresAutobiographie
    João TordoLudmila & Tsukuda
    María do Rosário PedreiraPoèmes
    Nuno JudicePoèmes
    José Luís PeixotoTrahison
    Lídia JorgeSurbooking
    Valter Hugo MãeLe bonheur européen
    Bruno Vieira AmaralL’extinction des papillons monarques