Chaque matin pour me rendre au Petit Maroc, je dois franchir un pont mobile qui se lève et s’abaisse, non pas bien sûr à mon intention mais à celle des bateaux qui ont choisi d’entrer dans un rectangle d’eau, le « bassin » ; or, dès que je pénètre sur cette sorte d’île, je découvre un réseau de cafés – l’un d’eux se nomme le Pont Levant – qui pourrait boucler l’infime traversée inaugurée par le passage du pont ou bien fermer la parenthèse, pour employer une tournure de langue enfin appropriée. Mais je ne suis jamais entré au Pont Levant ; je vais plus loin, au Café de la Loire, le dernier, le plus proche du front extérieur de l’île et je m’assieds près de larges baies latérales qui m’offrent une vue sur le fleuve, la Loire, où passent de grands et lents navires sans qu’aucun pont se lève.
auteur : Aira, César
-

Nouvelles impressions du petit Maroc
-

Revue n°1
Sommaire
Fulvio Tomizza Il est triste de vieillir dans une ville de vieillards Jean-Baptiste Para Trieste ou l’avenir d’une nostalgie Giuseppe O.Longo La signora Enzi Boris Pahor L’alphabet muet de la nuit Entretien avec Marcello Mastroanni Raúl Antelo Le cartographe et la boue César Aira El llanto María Negroni Le rêve d’Ursula Hugo Gola Poèmes Anacristina Rossi La folle de Gandoca Claribel Alegría Poèmes Ernesto Cardenal Poèmes Ana Istarú Poèmes Roberto Sosa Poèmes Robert Castillo L’ange Augusto Monterroso L’éclipse Tatiana Lobo Amanda Sergio Ramirez À Jackie, si chère à notre cœur Enrique Jaramillo Silvia, je t’aime Ilarie Voronca Saint-Nazaire Nikolaï Kantchev Le Karma du Samouraï Katica Kulavkova Inquiétude métaphysique Victor Sosnora Poèmes Salah Stétié La mer de Koan Gao Xingjian Valse Hawad Notre horizon de gamelles pour une gamelle d’horizons Giuseppe Conte Les jours du nuage