Si l’on conçoit que tout écrivain fût avant tout lecteur, et le demeure, c’est qu’il est facile de concevoir que le bonheur de la lecture peut être amplifié par celui de l’écriture, tout comme on peut imaginer que le bonheur de l’interprète, en musique, est plus complet que celui du mélomane, et celui du compositeur plus grand encore que celui de l’interprète. Et si les choix des écrivains, lorsqu’ils sont lecteurs, sont parfois très éloignés de leurs propres œuvres, c’est, comme le notait avec ironie Borges, qu’ « On lit ce qu’on aime, tandis qu’on n’écrit pas ce qu’on aimerait écrire, mais ce qu’on ait capable d’écrire. » (…)
L’idée de ce recueil, et des rencontre littéraires « meeting » de Saint-Nazaire, organisées par la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs est de permettre à des écrivains de langues et de cultures diverses, maniant des genres littéraires différents, de décrire cet étrange compagnon qui, parfois, dans la solitude de leur cabinet, vient se poser sur une épaule. Ou piétine leur clavier. Parfois met chapeau bas devant une phrase réussie. Parfois ricane sur l’un des rayonnages de la bibliothèque. Et peut-être vient troubler leur sommeil. Patrick Deville – Extrait de la préface.
Qu’elle s’en prenne au passé ou au présent, la littérature est un jeu de la mémoire, personnelle ou collective. Elle remet en perspective des temps écoulés ou consigne les moments d’aujourd’hui pour servir une lecture du monde à venir. Son point de vue diffère à la fois de celui de l’historien et de celui du journaliste. Qu’elle joue ou non avec la fiction, elle tend à une mémoire juste.
Pas tant à la simple vérité ou au témoignage. Mais plutôt à la fois à la justice et à la justesse (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil La mémoire juste, Meet 2011
La mémoire de la guerre Laurent Van des Stockt, Patrick Chauvel, Enrico Dagnino, Milomir Kovacevic – Vernissage galerie des Franciscains. – 17/11/2011 – Life
La littérature portoricaine contemporaine Edgardo Rodríguez Juliá, Melanie Pérez Ortiz, Hector Feliciano, – 18/11/2011 – Life
La mémoire juste Tahar Bekri et Khaled Osman – 18/11/2011 – Life
La mémoire juste Anna Kim, Maylis de Kerangal, Edgardo Rodriguez Julia – 18/11/2011 – Life
La mémoire juste du récit graphique Séra et Kris – 19/11/2011 – Life
La littérature cambodgienne contemporaine Neng Kanitha, Kao Seiha, Phœung Kompheak, Patrick Deville, Séra et Chhut Khay – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Sophie Képès, Rafael Chirbes, Jérôme Ferrari – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Pierre Michon, Hector Feliciano, Patrick Deville – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Geneviève Brisac, Yigit Bener, Neng Kanitha – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Sylvie Germain, Phœung Kompheak – 20/11/2011 – Life
Les prix littéraires Reinhard Jirgl, Martine Rémon, Marie-Simone Rollin – 19/11/2011 – Life
Ecrire à Saint-Nazaire Eduardo Halfon, Yigit Bener, José Manuel Fajardo – 20/11/2011 – Life
C’est toujours un peu la même question. De celles qu’on aime parce qu’elles de connaissent pas de réponses. Il convient de les manipuler, de jouer avec. Qu’est-ce que lire et comment devient-on lecteur ? Pourquoi on devient écrivain. Répéter les choses simples, aussi : que la lecture ni l’écriture ne sont des hobbies, et ne ressortissent au divertissement, mais à l’extrême attention portée sur le monde. Que la littérature est la seule voie sans doute d’accès à la condition humaine, sur quoi les sciences et la raison finalement nous disent si peu (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Lectures lointaines, meet 2006
En novembre 2006 les rencontres littéraires internationales n’étaient pas encore filmées.
En novembre 2005 les rencontres littéraires internationales n’étaient pas encore filmées.
Comment est-ce qu’on s’y met finalement ?
Et pourquoi, après cette période souvent un peu euphorique qui suit l’achèvement d’un livre, grimpe-t-on à nouveau à l’échelle du plongeoir, se hasarde-t-on à l’extrémité du tremplin oscillant, sans même distinguer si la piscine est remplie ? D’où viennent les livres, ceux qu’on écrit, parmi tous ceux auxquels on rêve pendant quelques secondes, quelques mois ou quelques années avant de jeter l’éponge ? (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil L’invention du livre, meet 2005
En 2003 les rencontres littéraires internationales n’étaient pas encore filmées.
L’idée de ce recueil et des rencontres littéraires « meeting » de Saint-Nazaire, organisées par la maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs, est de permettre à des écrivains de langues et de cultures diverses, maniant des genres littéraires différents, de décrire cet étrange compagnon qui, parfois, dans la solitude de leur cabinet, vient se poser sur une épaule. Ou piétine leur clavier. Parfois met chapeau bas devant une phrase réussie. Parfois ricane sur l’un des rayonnages de la bibliothèque. Et parfois peut-être vient troubler leur sommeil. (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Le lecteur idéal, meet 2003
La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs, la MEET, créée en 1987, fêtera ses trente ans d’existence en novembre prochain, pendant les rencontres internationales Meeting, avec la parution d’un livre, « Saint-Nazaire est littéraire », photographies, portraits, et textes d’écrivains venus à Saint-Nazaire depuis un siècle et demi comme Jules Verne et Stendhal, et des écrivains du monde entier invités depuis trente ans par la Meet. Elle mettra cette année à l’honneur les littératures du Pérou et du Portugal, éditera le panorama bilingue Lima/Lisbonne, vingt-et-unième de la série. Les rencontres auront pour titre « Vers l’Avenir », et imagineront les trente ans qui viennent et les trente prochaines années de la Meet. C’est le voeu que nous formulons.
La dix-septième édition du festival Meeting s’est tenue en novembre 2019 entre Saint-Nazaire et Paris. Retrouvez en intégralité les captations de l’ensemble des rencontres nazairiennes.
Parce qu’au début, pendant une période plus ou moins longue, on écrit sans être écrivain : c’est le premier éditeur qui, en quelque sorte, adoube et confère ce titre.
Ces parcours sont divers dans leur disparité géographique et historique. Alors qu’en France, le parcours classique était autrefois seulement postal : l’envoi du manuscrit, l’attente de la réponse, parfois une lettre de refus et parfois un appel téléphonique ou un télégramme, méthodes et manières semblent avoir changé. Nous avons demandé à dix-huit écrivains d’origines, de générations différentes de nous raconter comment pour eux ça a commencé.