auteur : Ferrucci, Roberto

  • Franchir la frontière

    Franchir la frontière

    Recueil meeting 2010

    La frontière, the borderline, la frontera, est un objet littéraire fascinant. On entend bien que le mot dès qu’il est traduit se charge de connotations différentes. Elle attire ou elle suscite la peur, l’inquiétude. Frontière géographique, politique, économique, linguistique. Là où commence l’ailleurs, l’autre, l’autre langue, l’autre soi-même aussi, parce qu’on n’est jamais tout à fait le même avant et après le frontière. La proposition qui est faite ici à une quinzaine d’écrivains éparpillés est d’écrire un texte de quelques feuillets, fiction ou récit, invention ou souvenir, sur le passage de la frontière, ou l’impossibilité de franchir la frontière. La frontière peut être métaphorique, un obstacle épistémologique, intellectuel. Elle peut être aussi monstrueusement réelle, murs, grillages, miradors. Muraille de Chine ou no man’s land entre les États. Surveillance au limes des empires. Elle peut empêcher certains d’entrer et d’autres de sortir. Elle est ambivalente aussi, et l’on conçoit bien ce qu’il y a de contradictoire à prôner simultanément la disparition des frontières et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ces textes d’origines géographiques lointaines sont rassemblés dans ce livre qui parait à l’occasion de la huitième édition des rencontres littéraires internationales « meeting » à Saint-Nazaire, en novembre 2010, dans l’ancienne base sous-marine allemande de le Seconde Guerre mondiale, bâtie en lieu et place du quai d’embarquement des paquebots, à bord desquels on s’en allait au large franchir la frontière entre le Vieux monde et les Amériques

    Préface de Patrick Deville.

    Sommaire
    Andreï BaldineLe voyage et la limite
    François BonListe de mes frontières
    Roberto FerrucciFrontières intimes
    Stefan HertmansL’art du lézard
    Hubert KlimkoPieds en gelée
    Caroline LamarcheOù il est question de cohabitation dans un lit trop étroit et de patinage artistique
    Håkan LindquistEnfance, frontières et transgressions
    José Carlos LlopPalma, la frontalière
    Laurent MauvignierFranchir la frontière
    Christine MontalbettiLa frontière inapparente
    Vladislav OtrochenkoL’écrivain russe et l’espace suivi de L’espace intérieur
    Anne ProvoostCher Hans Christian Andersen
    Juan Gabriel VásquezHistoire personnelle de la frontière
    Jorge VolpiLes crimes de Santa Teresa et les trompettes de Jéricho
  • L’aventure géographique

    L’aventure géographique

    Recueil meeting 2016

    Claude Lévi-Strauss écrivait il y a soixante ans que le voyage était déjà fini – jugement très excessif sans doute aux yeux des anthropologues et archéologues d’aujourd’hui qui découvrent encore des peuplades inconnues et des civilisations englouties.

    Quant à la littérature de l’Europe, qui depuis toujours se nourrit de l’ailleurs et de l’étranger, s’en va voir là-bas, comment en ce siècle est-elle confrontée à l’apparition de nouvelles barrières dressées devant l’arrivée des migrants, la question n’est pas nouvelle, et Hugo déjà depuis son exil s’élevait contre les frontières : Étranger ? Que signifie ce mot ? Quoi, sur ce rocher j’ai moins de droits que dans ce champ ? Quoi, j’ai passé ce fleuve, ce sentier, cette barrière, cette ligne bleue ou rouge visible seulement sur vos cartes, et les arbres, et les fleurs, le soleil ne me connaissent plus ? Quelle ineptie de prétendre que je suis moins homme sur un point de la terre que sur l’autre !

    Comment vivons-nous, écrivains français, polonais ou italiens, ce terrible déséquilibre, nos si faciles aller-retour partout sur la planète, quand l’aller simple est interdit à tant d’autres ? L’aventure géographique nous est-elle interdite ou, au contraire, devons-nous plus encore continuer d’aller voir là-bas ?

    Sommaire
    Filip SpringerLes pays et sans poussière
    Wojciech NowickiAlbert
    J.A. González SainzL’aventure du voyage vers la tranquillité
    Olga TokarczukFin des voyages
    Mauro CovacichTrieste, aventure géographique de la langue
    Simonetta GreggioGéographies
    Roberto FerrucciComme un paquebot
    Tiziano ScarpaJe suis un chien qui aboie en pleine nuit