La frontière, the borderline,la frontera, est un objet littéraire fascinant. On entend bien que le mot dès qu’il est traduit se charge de connotations différentes. Elle attire ou elle suscite la peur, l’inquiétude. Frontière géographique, politique, économique, linguistique. Là où commence l’ailleurs, l’autre, l’autre langue, l’autre soi-même aussi, parce qu’on n’est jamais tout à fait le même avant et après le frontière. Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Franchir la frontière, Meet 2010
C’est toujours un peu la même question. De celles qu’on aime parce qu’elles de connaissent pas de réponses. Il convient de les manipuler, de jouer avec. Qu’est-ce que lire et comment devient-on lecteur ? Pourquoi on devient écrivain. Répéter les choses simples, aussi : que la lecture ni l’écriture ne sont des hobbies, et ne ressortissent au divertissement, mais à l’extrême attention portée sur le monde. Que la littérature est la seule voie sans doute d’accès à la condition humaine, sur quoi les sciences et la raison finalement nous disent si peu (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Lectures lointaines, meet 2006
En novembre 2006 les rencontres littéraires internationales n’étaient pas encore filmées.
En 2003 les rencontres littéraires internationales n’étaient pas encore filmées.
L’idée de ce recueil et des rencontres littéraires « meeting » de Saint-Nazaire, organisées par la maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs, est de permettre à des écrivains de langues et de cultures diverses, maniant des genres littéraires différents, de décrire cet étrange compagnon qui, parfois, dans la solitude de leur cabinet, vient se poser sur une épaule. Ou piétine leur clavier. Parfois met chapeau bas devant une phrase réussie. Parfois ricane sur l’un des rayonnages de la bibliothèque. Et parfois peut-être vient troubler leur sommeil. (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Le lecteur idéal, meet 2003
Depuis bientôt trente ans que la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs accueillent à Saint-Nazaire des écrivains de tous les horizons, et que tout autour la ville s’est reconstruite, certains d’entre eux ont choisi de décrire des lieux nazairiens, comme l’écrivain danois Jan Sonnergaard 2, l’argentin Ricardo Piglia 3 ou l’espagnol Enrique Vila-Matas 4. Mais ce que nous imaginons cette année, c’est de rassembler en un recueil avant votre venue des déambulations urbaines un peu partout dans le monde, et que vous acceptiez de consacrer quelques feuillets à une ville qui est la vôtre ou une autre, ville habitée ou parcourue, dont le nom, ou celui d’un quartier, peut-être le titre du texte. (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Dire la ville, Meet 2014
La seizième édition du festival Meeting s’est tenue en novembre 2018 entre Saint-Nazaire et Paris. Retrouvez en intégralité les captations de l’ensemble des rencontres nazairiennes.
Qu’entendons-nous aujourd’hui lorsque nous prononçons le nom de la lointaine princesse phénicienne ?
L’an prochain se tiendront dans vingt-huit pays les élections européennes, lesquelles ne semblent pas susciter l’enthousiasme mais souvent la suspicion, voire l’hostilité, l’oubli du rêve de Hugo un siècle et demie plus tôt, cent soixante-dix ans très exactement, qui appelait à la fondation des États-Unis d’Europe dans son discours au Congrès de la Paix : « Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples ».
C’était après l’échec des révolutions européennes de 1848 durement réprimées. Déjà d’un peu partout des exilés gagnaient la Suisse, sa neutralité, qu’elle n’avait pas choisie, mais qui lui fut imposée au sortir des guerres napoléoniennes. Et malgré le rêve hugolien ç’avaient été plus tard deux guerres mondiales chaque fois déclenchées au cœur de l’Europe, une nouvelle guerre dans les Balkans encore à la toute fin du XXe siècle. Pourtant les votes, en effet, ont remplacé les boulets, la législation de cette partie du monde est l’une des plus avancées en matière de libertés publiques, et en ce mois de septembre 2018, le parlement européen impose le respect du droit d’auteur aux plateformes numériques internationales. Comment les écrivains européens voient-ils aujourd’hui l’Europe ?
Vers l’Europe ? L’une est cubaine, l’autre est argentine, toutes les deux sont venues en résidence à Saint-Nazaire : Karla Suarez et Elsa Osorio – 16/11/2018 – Alvéole 12
Vers l’Europe ? La Suisse et sa diversité linguistique Dorothée Elmiger et Alberto Nessi – 16/11/2018 – Alvéole 12
Conférence de Bernard Comment – Edelschweiz – 17/11/2018 – Alvéole 12
La littérature suisse est-elle une littérature européenne à elle toute seule ? Elisa Shua Dusapin, Metin Arditi, Matthias Zschokke – 17/11/2018 – Alvéole 12
Remise des Prix Laure Bataillon et Bernard Hœpffner – 17/11/2018 – Alvéole 12
L’appel de Saint-Nazaire littéraire Bernard Comment et Patrick Deville – 17/11/2018 – Alvéole 12
Écrire et publier à Saint-Nazaire – 17/11/2018 – Alvéole 12
Vers une littérature européenne ? – 17/11/2018 – Alvéole 12
Écrire à Saint-Nazaire – 17 /11/2018 – Alvéole 12
Jean Rolin et Patrick Deville : une littérature nazairienne et mondiale – 18/11/2018 – Alvéole 12
La poésie européenne de l’entre deux guerres – 18/11/2018 – Alvéole 12
Vers l’Europe ? Trois regards sur les convulsions européennes : Asli Erdogan, Kaouther Adimi et Jakuta – 18/11/2018 – Alvéole 12
Écrire ailleurs : Karla Suarez et Elisa Shua Dusapin – 18/11/2018 – Alvéole 12