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  • Le lecteur idéal

    Le lecteur idéal

    Recueil meeting 2003

    Si l’on conçoit que tout écrivain fût avant tout lecteur, et le demeure, c’est qu’il est facile de concevoir que le bonheur de la lecture peut être amplifié par celui de l’écriture, tout comme on peut imaginer que le bonheur de l’interprète, en musique, est plus complet que celui du mélomane, et celui du compositeur plus grand encore que celui de l’interprète. Et si les choix des écrivains, lorsqu’ils sont lecteurs, sont parfois très éloignés de leurs propres œuvres, c’est, comme le notait avec ironie Borges, qu’ « On lit ce qu’on aime, tandis qu’on n’écrit pas ce qu’on aimerait écrire, mais ce qu’on ait capable d’écrire.  » (…)

    L’idée de ce recueil, et des rencontre littéraires « meeting » de Saint-Nazaire, organisées par la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs est de permettre à des écrivains de langues et de cultures diverses, maniant des genres littéraires différents, de décrire cet étrange compagnon qui, parfois, dans la solitude de leur cabinet, vient se poser sur une épaule. Ou piétine leur clavier. Parfois met chapeau bas devant une phrase réussie. Parfois ricane sur l’un des rayonnages de la bibliothèque. Et peut-être vient troubler leur sommeil. Patrick Deville – Extrait de la préface.

    Sommaire
    Maïssa BeyCelui qui m’attend quelque part
    José Manuel FajardoLettre au lecteur idéal
    Alberto ManguelVers une définition du lecteur idéal
    Bachir MeftiL’écrivain, ce lecteur idéal
    Pierre MichonLecteurs
    Leonardo PaduraTerriblement inséparables : mon lecteur et moi
    Karla SuárezQui lira cette histoire ?
  • Les Bonheurs de Babel

    Les Bonheurs de Babel

    Recueil meeting 2004

    Plaçons d’emblée ces Bonheurs de Babel sous les auspices de l’auteur de La langue sauvée, de cet enfant né à Roustchouk dans l’empire ottoman – aujourd’hui Ruse en Bulgarie – qui apprend à l’âge de huit ans sa cinquième langue, l’allemand, et celle-ci deviendra sa langue d’écrivain. C’est avec un passeport turc qu’il fuira l’Autriche pour l’Angleterre en novembre 1938 (…)

    Les écrivains invités cette année ont accepté d’écrire à leur tour ce que le cosmopolitisme et le multilinguisme apportent à leur vie, à leur bonheur de lecteur et à leur travail d’écrivain (…)

    Patrick Deville – Extrait de la préface.

    Sommaire
    Emmanuel CarrèreVoix off
    Eduardo BertiEn dansant, en marchant
    Nedim GürselÉcrire entre deux langues
    Hans Christoph BuchInterview de moi-même
    Juan José SaerEntre deux eaux
    Marcel BénabouLe multilinguisme des miens
    Zakes MdaBonheur de Babel
    Lisa BresnerL’homme sans l’extrême Orient ? L’homme sans l’Occident ?
    Yang LianTour Capella
    Asli ErdoganLe bruit des autres
    Song LinUne lettre sur l’écriture en langue étrangère
    Spôjmaï ZariâbLa magie de Babylone
    Enis BaturLangue maternelle, langue d’adoption, langue autre
    Lorand GasparLangues et cultures

  • Ça ne veut pas rien dire

    Ça ne veut pas rien dire

    Recueil meeting 2012

    La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs a cette année vingt-cinq ans. Elle a édité plus d’une centaine de livres bilingues, a accueilli les plus grands, a permis aux lecteurs français de découvrir des écrivains alors inconnus. Elle organise en ce mois de novembre deux mil douze la dixième édition des rencontres littéraires Meeting. Ça ne veut pas rien dire. La phrase de Rimbaud sera cette année notre emblème. Ça concernait la poésie. Qu’elle n’était pas un simple jeu, un divertissement. Que la vie se jouait là. Il écrira plus tard « utile ». Cette phrase, nous l’appliquerons à tous les genres littéraires, la poésie mais aussi le roman et la nouvelle. Que ça ne veut pas rien dire et qu’il en va de notre humanité, de notre lecture du monde. Nous avons demandé à certains des écrivains invités cette année à Saint-Nazaire d’écrire pour l’occasion les pages qui suivent. Elles constituent le dixième numéro de ce recueil bilingue annuel. Patrick Deville Préface.

    Sommaire
    Laura AlcobaHong Kong en Valois
    Gabriela AlemánLe conteur d’histoires
    Alain BorerL’Obscur à dire. Petit traité d’intentionnalité poétique
    Dalibor FriouxÇa ne veut pas rien dire
    Anne-Marie GaratChat chauve
    Edwin MadridJe ne veux rien dire : sur mon œuvre poétique
    Jan SonnergaardL’absence de sens porteuse de sens
    César Vásconez RomeroTerre trois fois maudite (extrait)
  • Comme en Quatorze

    Comme en Quatorze

    Recueil meeting 2013

    La phrase paradoxale et française, l’idiotisme, est difficile à traduire : C’est reparti comme en Quatorze ! qui signifie encore aujourd’hui que, finalement, tout va pour le mieux, et, qu’après quelques inquiétudes, tout est à nouveau sur la bonne voie, et dans l’optimisme. Comme en Quatorze ! (…) Tout cela est-il reparti comme en Quatorze ? Les écrivains et les artistes d’une manière plus générale, ont-ils là-dessus leur mot à dire ? Ont-ils un devoir d’alerte ? Ou bien la littérature, à la différence du journalisme, doit-elle, de tout cela, se foutre comme de l’an Quarante ? (…) Patrick Deville Extrait de la préface

    Sommaire
    Marianne AlphantDe choses et d’autres
    Jean-Christophe Bailly14, 40, et maintenant, et après ?
    Chrìstos ChryssòpoulosÀ la première personne. L’écrivain et la responsabilité individuelle
    Jean-Durosier DesrivièresMise en orbite d’un beau conflit
    Jorge EdwardsNotre treize et notre quatorze
    Mauricio ElectoratDe Neruda à Bolaño : une déterritorialisation
    Elsa OsorioÉcrire je suis latino-américaine
    Ersi SotiropoulosFoie bile entrailles
    Hyam YaredLittérature ou le risque de l’altérité
  • Traduire la vie

    Traduire la vie

    Recueil meeting 2015

    La Maison des écrivains étrangers et des traducteurs mettra cette année l’accent sur le T de MeeT, mettra à l’honneur les traducteurs et la littérature traduite, et donc aussi les écrivains, puisque le titre choisi pour ces rencontres, « Traduire la vie », convoque Proust et la Recherche, et l’dée que c’est la grande entreprise de la littérature de traduire « la vraie vie » et de nous l’offrir, comme le narrateur dans Le Temps retrouvé découvrant que, « flatté d’être bien reçu chez les Guermantes, et d’ailleurs un peu grisé par leurs vins, je ne pouvais m’empêcher de dire à mi-voix, seul, en les quittant: « Ce sont tout de même des êtres exquis avec qui il serait doux de passer la vie », je m’apercevais que ce livre essentiel, le seul livre vrai, un grand écrivain n’a pas, dans le sens courant, à l’inventer puisqu’il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur. »

    Patrick Deville

    Sommaire
    Edgardo CozarinskyJoseph Roth, ma mère et quelques cafés
    Kim Un-SuÀ l’âge de quarante ans
    Lee Seung-UDes récits pour le récit
    Makenzy OrcelLe nouveau Parrain
    Phyun Hye-youngTraduire la vie… des autres
    Tiphaine SamoyaultLe terre-plein de la Villette
    Song Sok-zeLa carte et le roman
    Lyonel TrouillotL’écriture comme traduction de la vie

  • Néréides à nu

    Néréides à nu

    Lettre à Hugo

    Du fond des temps lointains, les lumière blanches que je voyais le soir depuis le train en marche revinrent d’un pas discret. C’était les lumières de l’usine Dalmine Siderca que l’on apercevait, je ne sais plus à quel moment, pendant le trajet de Rosario à Buenos Aires. Dans l’après-midi du port de Saint-Nazaire, les lumières rendent à celles-là l’opacité de l’oubli. La comparaison est une des obsessions de celui qui laisse son pays. Impossible de l’éviter, même quand on le sait. Les lumières qui a huit heures du matin de cet automne meurent dans le port, prennent la nuit venue diverses couleurs : vert, bleu, orange, rouge, blanc et l’eau les reçoit pour les transformer en reflet. Toutes ensemble, sur fond de ville et de fumée des cheminées de l’arsenal, elles offrent le spectacle étrange et beau que l’on peut seulement contempler depuis cet édifice, le plus haut de toute la zone.

    Noemí ULLA