La phrase paradoxale et française, l’idiotisme, est difficile à traduire : C’est reparti comme en Quatorze ! qui signifie encore aujourd’hui que, finalement, tout va pour le mieux, et, qu’après quelques inquiétudes, tout est à nouveau sur la bonne voie, et dans l’optimisme. Comme en Quatorze ! (…) Tout cela est-il reparti comme en Quatorze ? Les écrivains et les artistes d’une manière plus générale, ont-ils là-dessus leur mot à dire ? Ont-ils un devoir d’alerte ? Ou bien la littérature, à la différence du journalisme, doit-elle, de tout cela, se foutre comme de l’an Quarante ? (…) Patrick Deville Extrait de la préface
Sommaire
Marianne Alphant
De choses et d’autres
Jean-Christophe Bailly
14, 40, et maintenant, et après ?
Chrìstos Chryssòpoulos
À la première personne. L’écrivain et la responsabilité individuelle
On glissait autrefois un manuscrit dans une grande enveloppe oblitérée, sur laquelle on inscrivait l’adresse de l’éditeur dont les livres au catalogue vous avait le plus bouleversé, dans lequel on rêvait de figurer. On attendait. Un courrier ou un appel téléphonique, un jour, après que, depuis des mois ou des années, vous écriviez dans la solitude, faisait de vous un écrivain. Un éditeur vous adoubait.
Si cette pratique postale n’a pas disparu, d’autres procédures apparaissent. En France, des universités créent des formations à la création littéraire, des maisons d’édition proposent aussi des cours ou ateliers afin de trouver de nouveaux auteurs. C’est aussi le cas au Pays-Bas. L’idée nous est venue de demander à des écrivains éparpillés dans l’espace et le temps, de plusieurs pays et de plusieurs générations, de revenir sur ce moment, capital, de leur première rencontre avec leur premier éditeur, l’histoire de leur première publication.
Ce recueil rassemble les contributions d’écrivains hollandais et marocains, représentants de ces deux littératures mises à l’honneur cette année par la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs, d’autres aussi, de France ou d’Italie, du Chili. Tous viennent en ce mois de novembre à Saint-Nazaire et à Paris se rencontrer, rencontrer les lecteurs, présenter leurs livres, s’interroger sur les changements en cours dans l’édition, la librairie, la critique, et dans leur propre activité, si curieuse, d’écrire des livres et de les publier.
Patrick Deville
Sommaire
Mohamed Berrada
Plus qu’un premier livre, plus qu’un éditeur
Jean-Marie Blas de Roblès
Double détente
Yasmine Chami
Corps de papier
Julia Deck
Place des fêtes
Youssef Fadel
Le barbier de Casablanca
Saskia Goldschmidt
Un nectar noir comme du jais
Liza Ginzburg
Répondre des voix : un engagement
Jalal El Hamaoui
Le poète en situation de hors-jeu
Toine Heijmans
La Planète Littérature
Latifa Labsir
Juste un désir
Samy Langeraert
Un doute absurde
David Lopez
École
Inge Schilperoord
Pinceuse d’âmes écrivaine ou écrivaine pinceuse d’âmes
Luis Sepulveda
Le jour où Indiana Jones n’est pas arrivé gare Montparnasse