zone géographique : Costa Rica

  • Le vilain et les aveugles

    Le vilain et les aveugles

    Lundi 5 mai

    J’ai trouvé un travail de serveur dans le restaurant où Rosetta est employée comme plongeuse ; j’ai accepté d’y travailler sans rémunération le temps d’apprendre le métier et ce qu’il faut d’italien pour me débrouiller avec les clients. En échange j’ai droit à de copieux plats de pâtes et de viande au déjeuner et au dîner et j’échappe un peu à la généreuse hospitalité de Rosetta qui toutefois assure que c’est un plaisir de loger et prendre soin du frère de la jeune fille qui a séduit son fils, Gaetano. Je suis témoin de toute la persévérance que celui-ci met pour étudier et combattre une paresse naturelle afin d’accélérer un retour tant espéré dans notre pays et le bonheur des retrouvailles avec ma sœur.

    Pour l’instant, l’argent m’importe peu, il m’en reste en effet assez pour me payer mes cigarettes, en attendant que commence l’été et que mes services soient plus utiles à Leonardo, qui m’a déjà prévenu qu’il ne pourra pas me payer beaucoup car il avait retenu son personnel à l’avance mais que, vu l’enthousiasme que je faisais preuve dans mon travail, ce qu’il n’attendait pas d’un Latinoaméricain, il s’engageait à me garder jusqu’à l’hiver.

    Jesus VARGAS GARITA

  • Les pétroglyphes

    Les pétroglyphes

    Parfois , je rêve des pétroglyphes. Alors je les revois comme je les voyais autrefois : des cris sourds, des cicatrices aveugles sur les pierres au bord de la rivière. Mais dans les rêves, c’est différent : la lumière est glauque, bleutée en fait, et les pierres paraissent plus éloignées, plus grandes et poreuses qu’elles ne l’étaient en vérité. Dans les rêves il n’y a pas de moustiques, le courant du ruisseau est silencieux et bien que les grands arbres bordent le lit du cours d’eau, leur présence ne revêt pas l’importance qu’elle avait alors à mes yeux. Leurs feuilles ne susurrent pas, ne vibrent pas non plus sous la caresse du vent. Et l’on n’entend pas les oiseaux, les écureuils ne sautillent pas de branche en branche. C’est comme si tout le sens de la scène était condensé là : dans les cercles concentriques, les lignes ténues qui s’étirent sur les pierres, émettent un murmure et s’éclipsent. Moi je regarde les dessins, les dessins me regardent. C’est un silence privé de paroles et de pensées, une simple distance comme celle d’un poignard. Mais non rien n’y est menaçant. Moi je regarde les dessins, les dessins me regardent. Ils m’interrogent et je les interroge moi aussi. Mais ce ne sont pas des questions ; ce ne sont que ces deux présences – les pétroglyphes et moi – , et un silence tendu entre nous, qui nous rapproche.

    Rodrigo SOTO

  • Revue n°4

    Revue n°4

    Sommaire
    John AshberyFlow Chart
    Gary SnyderRiprapJe suis entré au Maverick Bar
    Harry MathewsMr SmathersBrendan
    Patti SmithLes amasseurs de laine
    Norma ColeMascaret
    Barbara GuestUne insistance tombe sur la réalité
    Victor Hernandez CruzLe Problème avec les Ouragans
    Brenda CoultasLa montée du sexe vers Dieu
    Eleni SikellianosPoèmes
    Vicenzo ConsoloVues du Détroit de Messine
    Erri de LucaTuf-La ville est jaune
    Marcello FoisTrop d’amour
    Carmine AbateL’idole si lointaine
    Giuseppe MontesanoLa dernière leçon
    Pierre LartigueLewis Carroll : un poème sur rien
    Salvatore Maidera SattoriJ’ai l’air sinistre encore une fois
    Sergio ChejfecLa Gueule du loup
    Carlos CortésLa croix de l’oubli
    Shelby FooteShiloh
    Alfonsina StorniPoèmes
  • Revue n°3

    Revue n°3

    Sommaire
    Roque DaltonLe pays
    Manlio ArguetaSiglo de O(g)ro
    Miguel Huezo MixcoContrées
    Alvaro Menen DeslealLa genèse selon Pascal
    Horacio Castellanos MoyaUn petit carnet de notes
    Alfonso KijaduriasEs cara musa
    Rafael Menjivae OchoaFade-out
    Jacinta EscudosL’homme de la première fois
    Nicole ZandÉcrivains du maelström
    Alexandre TopchianL’histoire du zéro
    Perdj Zeytountsian1915
    Rouben HakherdianPoèmes
    Aka MorchiladzeVoyage au Karabagh
    Lacha BugadzeLe coffre
    Kote DjandieriL’invitation au cinéma
    Mamuka LekiachviliPoèmes
    Zaïra ArsenichviliRequiem pour basse, soprano et sept instruments
    Shaïn SinariaRequiem Aeternam
    Ramiz RovchanPoèmes
    Prix S.T Dupont-meet 1999
    Rodrigo SotoHeurs et malheurs du fabricant de jouets
    Quince DuncanUne chanson dans le petit matin
    Eleni SikelianosPoèmes
    Wanda RamosCheminements
    Claude OllierFleur fusée
    Sergio RamirezAllocution
  • Revue n°1

    Revue n°1

    Sommaire
    Fulvio TomizzaIl est triste de vieillir dans une ville de vieillards
    Jean-Baptiste ParaTrieste ou l’avenir d’une nostalgie
    Giuseppe O.LongoLa signora Enzi
    Boris PahorL’alphabet muet de la nuit
    Entretien avec Marcello Mastroanni
    Raúl AnteloLe cartographe et la boue
    César AiraEl llanto
    María NegroniLe rêve d’Ursula
    Hugo GolaPoèmes
    Anacristina RossiLa folle de Gandoca
    Claribel AlegríaPoèmes
    Ernesto CardenalPoèmes
    Ana IstarúPoèmes
    Roberto SosaPoèmes
    Robert CastilloL’ange
    Augusto MonterrosoL’éclipse
    Tatiana LoboAmanda
    Sergio RamirezÀ Jackie, si chère à notre cœur
    Enrique JaramilloSilvia, je t’aime
    Ilarie VoroncaSaint-Nazaire
    Nikolaï KantchevLe Karma du Samouraï
    Katica KulavkovaInquiétude métaphysique
    Victor SosnoraPoèmes
    Salah StétiéLa mer de Koan
    Gao XingjianValse
    HawadNotre horizon de gamelles pour une gamelle d’horizons
    Giuseppe ConteLes jours du nuage