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  • Se donner un genre

    Se donner un genre

    Recueil meeting 2009

    Où en sommes-nous, dans ce XXIème siècle déjà bien engagé, des « genre littéraires » ? Les distinctions du « roman », du « récit », du « poème », de la « nouvelle » sont-elles encore valides ? « Personnages fictifs dans une action fictive » : définition a minima du roman selon Claude Simon. C’est en effet le seul dénominateur commun à la Princesse de Clèves et à Ulysse de Joyce. Mais il est sans doute possible d’écrire des romans sans fiction aucune. Pensons aux deux derniers livres de Jean Echenoz, qui ne ressortissent bien évidemment pas à l’entreprise biographique.

    Poser cette question aujourd’hui en France n’a de sens qu’en y associant des écrivains étrangers. La nomenclature des « genres littéraires » entretient un lien profond avec l’histoire de chaque littérature, et la « short story » n’est pas exactement le « cuento » comme celui-ci n’est pas exactement la « nouvelle ». Et que dire de ce genre majeur et si particulier de la « chronique » au Mexique ?

    Plusieurs écrivains invités cette année à Saint-Nazaire ont accepté d’aborder dans ces pages, chacun à sa manière, le rapport qu’il entretient avec les genres littéraires, et le critique Norbert Czarny a bien voulu lancer ce débat, que nous reprendrons ensuite en public.

    Préface de Patrick Deville.

    Sommaire
    Norbert CzarnyUne gêne certaine à l’égard des genres
    John BurnsideÀ propos du genre
    Jacques DarrasQu’est-ce qu’un « roman chanté compté ?« 
    Asli ErdoganDans le silence de la vie
    Jens Christian GrøndahlLe « moi » traduit
    Yvon Le MenVous êtes dans le poème ?
    José Ángel MañasÀ propos de genres, concepts et romans
    Rosa MonteroDu genre traditionnel au bric à brac
    Marius Daniel PopescuLa baleine qui mange de la luzerne industrielle
    Juana SalabertJe suis roman
    Pierre SengesGenre, espèce
    Jens Smærup SørensenLe petit saut
    Yoko TawadaPlume et renard
  • Ça ne veut pas rien dire

    Ça ne veut pas rien dire

    Recueil meeting 2012

    La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs a cette année vingt-cinq ans. Elle a édité plus d’une centaine de livres bilingues, a accueilli les plus grands, a permis aux lecteurs français de découvrir des écrivains alors inconnus. Elle organise en ce mois de novembre deux mil douze la dixième édition des rencontres littéraires Meeting. Ça ne veut pas rien dire. La phrase de Rimbaud sera cette année notre emblème. Ça concernait la poésie. Qu’elle n’était pas un simple jeu, un divertissement. Que la vie se jouait là. Il écrira plus tard « utile ». Cette phrase, nous l’appliquerons à tous les genres littéraires, la poésie mais aussi le roman et la nouvelle. Que ça ne veut pas rien dire et qu’il en va de notre humanité, de notre lecture du monde. Nous avons demandé à certains des écrivains invités cette année à Saint-Nazaire d’écrire pour l’occasion les pages qui suivent. Elles constituent le dixième numéro de ce recueil bilingue annuel. Patrick Deville Préface.

    Sommaire
    Laura AlcobaHong Kong en Valois
    Gabriela AlemánLe conteur d’histoires
    Alain BorerL’Obscur à dire. Petit traité d’intentionnalité poétique
    Dalibor FriouxÇa ne veut pas rien dire
    Anne-Marie GaratChat chauve
    Edwin MadridJe ne veux rien dire : sur mon œuvre poétique
    Jan SonnergaardL’absence de sens porteuse de sens
    César Vásconez RomeroTerre trois fois maudite (extrait)
  • Le cadavre rejeté par la mer à Saint-Nazaire

    Le cadavre rejeté par la mer à Saint-Nazaire

    Il pleuviote. Quelqu’un me heurte avec un « oh ! Pardon, monsieur » puis disparaît en direction de l’escalier. Je n’ai pas la moindre idée de comment j’ai réussi à venir jusqu’ici depuis Paris. La gare est presque vide et peu de temps après, le train est reparti pour La Baule et Le Croisic, je suis seul sur le long quai en béton. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai réussi à venir jusqu’ici. Je ne me rappelle même plus comment j’ai fait pour descendre du train, ni comment je me suis rendu compte que j’étais arrivé. Il y a des absences. Je n’ai pas le moindre souvenir non plus de mon arrivée à Paris. Je me rappelle par contre très bien d’autres choses. Mais je préfère ne pas, en règle générale j’arrive à contenir ces images. L’une d’elles me vient à présent, alors je prends le sac oblong en nylon brun et me hâte vers la sortie pendant que je focalise sur quelque chose de concret, quelque chose de différent. Si seulement le sac avait été plus lourd. Si seulement j’avais apporté plus d’affaires. Ce n’est pas une valise, plutôt un sac de sport. Il n’y a pour ainsi dire rien dedans. Ridicule.

    Jan SONNERGAARD