S’éloigner pour mieux voir, comme il fut si justement écrit. Une invitation à Saint-Nazaire de la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs, même si je n’ai pu pleinement en profiter, m’a facilité cet éloignement. À cet égard, l’estuaire de la Loire, ce fleuve vertébral de la France, est devenu ma tour de guet, propice à la contemplation de certains aspects de la vie culturelle espagnole qui, à l’image des mouettes survolant le port sous mes yeux, ont survolé mes pensées ces dernières semaines ; suite, plus exactement à la mort de Carlos Barral et de Jaime Gil de Biedma survenues en l’espace de moins d’un mois. Je parle de la nécessité d’écrire un texte, ne seraient-ce que ces quelques lignes, pour décrire un phénomène d’effervescence culturelle qui s’est produit à Barcelone au début des années soixante et qui risquerait, si on ne l’évoquait pas, de rester méconnu jusqu’à ce qu’un beau jour certain hispaniste français, nord-américain décide de se pencher sur la question.
zone géographique : Espagne
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Le groupe de Barcelone
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Variations
Le vol blanc
au-dessus de l’eau
le mouvement du vol
de l’aile
effleurant l’eau
que cherche le vol
lorsqu’il vole ?
que cherche-t-il
quand il descend ?
que cherche
le vol
quand il monte
et monte encore ?
Hugo GOLA
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Inoubliables soirées
Une fois par mois le fils de la chanteuse de tangos allait écouter sa mère dans un vieux théâtre de l’avenue Marailas.
La chanteuse de tangos se produisait dans une tenue sobre et insolente, traversait la scène en diagonale jusqu’au point doré où les effets d’acoustique neutralisaient ses graillements furtifs. Elle commençait souventle récital avec Quizá porque me miras.
Le fils de la chanteuse de tangos était surpris lorsque au milieu du morceau habituel, sa mère débutait par Alborada. Cependant, un soupçon d’angoisse venait troubler la joie liée à son étonnement. Craignant que ce changement ne fût le fruit d’une désorientation, il redoutait qu’à compter de cet instant, la chanteuse ne confondît les paroles des différents morceaux.
Marcelo COHEN
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Homme sans mots
Jamais il n’aurait cru la recevoir un jour. Il est vrai qu’il l’avait attendue comme on attend l’entrée du dernier bateau dans un port ou l’ultime chance de se libérer du siège d’une armée. Mais, cette invitation, il l’avait espérée, simplement parce qu’il la voulait, parce qu’il en avait besoin pour être stimulé.
Comme tous les écrivains il avait une mère et comme presque tous un pays. Et il désirait se défaire, ne fût-ce que provisoirement, de ces deux liens qui n’en faisaient qu’un et l’étranglaient. Sacrée besogne, surtout pour quelqu’un comme lui.
Il se lève, éteint sa cigarette, se rassoit, se relève, sort, arpente la place à l’autre bout de la rue, revient chez lui, s’occupe de sa mère, lit la page de catastrophes quotidiennes dans le journal, sort de nouveau, se rend chez Julia, revient par la rambla en scrutant l’horizon, prépare le repas de sa mère, écrit quatre heures durant, avale un café, allume une cigarette, place une couverture sur les pieds de sa mère, se couche, fume une autre cigarette dans le noir et se dit, pour la énième fois, qu’un écrivain habitant au dernier étage du monde est immanquablement voué à l’oubli.
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Revue n° 13 – Madrid / Copenhague
Sommaire
Patrick Deville Editorial Karl Ejby Poulsen Let’s meet again Jan Sonnergaard C’est dur d’être bailli quand votre femme est préfet Ursula Ankjær Olsen Atlas des trous du monde Jens Smærup Sørensen Mots tu es Jørgen Sonne Jour Katrine Marie Guldager Nørreport Susanne Jorn Mains de rêve Naja Marie Aidt Dimanche Peter Laugesen Tout seul dans le monde et hype comme diable Morten Søndergaard Vade-mecum Pia Tafdrup Les chevaux de Tarkovski Thomas Thøfner Les atomes de l’âme José Manuel Fajardo Une norme : la diversité Rosa Montero La folle du logis José Carlos Somoza Clara et la pénombre Belén Gopegui L’échelle des cartes Cristina Fernández Cubas L’horloge de Bagdad Enrique Vila-Matas Impressions de Saint-Nazaire Ignacio Martínez de Pisón Les nocturnes Bernardo Atxaga Écrire un conte en cinq minutes Manuel Rivas L’immense cimetière de La Havane Miquel de Palol Histoire du grand vérificateur José Ovejero Elle dansait le tango -

Meeting 2009
Meeting 2009
Se donner un genre
Madrid / Copenhague

Où en sommes-nous, dans ce XXIème siècle déjà bien engagé, des « genres littéraires » ? Les distinctions du « roman », du « récit », du « poème », de la « nouvelle » sont-elles encore valides ? Des glissements se sont-ils opérés ? (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Se donner un genre, Meet 2009
Auteurs invités lors de cette édition
John Burnside (Ecosse) Jacques Darras (France) Asli Erdogan (Turquie) Percival Everett (Etats-Unis) Armand Gatti (France) Jens Christian Grøndahl (Danemark) Yvon Le Men (France) Julio Llamazares (Espagne) José Angel Mañas (Espagne) Rosa Montero (Espagne) Marius Daniel Pmonteropescu (Roumanie) Jørn Riel (Danemark) Juana Salabert (Espagne) Pierre Senges (France) Michel Séonnet (France) Yuri Slezkine (Etats-Unis) Jan Sonnergaard (Danemark) Jens Smærup Sorensen (Danemark) Yoko Tawada (Allemagne) Duong Thu Huong (France) Jean-Philippe Toussaint (France/Belgique) Les échanges en vidéo
Littérature danoise contemporaine Jens Christian Grøndhal, Jørn Riel, Jens Smærup Sørensen et Karl Ejby Poulsen
– 14/11/2009 – Médiathèque Etienne CauxLittérature espagnole contemporaine Juana Salabert, José Angel Mañas, Rosa Montero et Julio Llamazares
– 15/11/2009 – LifeSe donner un genre Aslı Erdogan, Juana Salabert et John Burnside
– 15/11/2009 – LifeSe donner un genre Yvon Le Men, Julio Llamazares et Jacques Darras
– 21/11/2009 – LifeSe donner un genre Anne-Marie Métailié (éditions Métailié), Sabine Wespieser (éditions Sabine Wespieser), Olivier Rubinstein (éditions Denoël) et Paul Otchakovsky- Laurens (éditions P.O.L)
– 21/11/2009 – LifeSe donner un genre Percival Everett, Yuri Slezkine et Jan Sonnergaard
– 20/11/2009 – LifePrésentation du livre Ces canards qui volaient contre le vent et débat public
Armand Gatti, Marc Kravetz et Michel Séonnet
– 20/11/2009 – LifeLes critiques et les genres littéraires Alain Nicolas (L’Humanité), Thierry Guichard (Le Matricule des Anges), Norbert Czarny (La Quinzaine Littéraire) et Hervé Aubron (Le Magazine Littéraire)
– 22/11/2009 – LifeLes prix litttéraires Duong Thu Huong, Phuong Dang Tran, Jean- Raymond Fanlo
– 21/11/2009 – LifeLes genres de Daniel Popescu
– 21/11/2009 – LifeSe donner un genre Pierre Senges, Yoko Tawada et Rosa Montero
– 22/11/2009 – LifeSe donner un genre Se donner un genre – Jørn Riel et Jean-Philippe Toussaint
– 22/11/2009 – LifeLes genres de Jean-Philippe Toussaint avec Sylvain Bourmeau et Patrick Soquet
– 22/11/2009 – Life