année de publication : 2006

  • Néréides à nu

    Néréides à nu

    Lettre à Hugo

    Du fond des temps lointains, les lumière blanches que je voyais le soir depuis le train en marche revinrent d’un pas discret. C’était les lumières de l’usine Dalmine Siderca que l’on apercevait, je ne sais plus à quel moment, pendant le trajet de Rosario à Buenos Aires. Dans l’après-midi du port de Saint-Nazaire, les lumières rendent à celles-là l’opacité de l’oubli. La comparaison est une des obsessions de celui qui laisse son pays. Impossible de l’éviter, même quand on le sait. Les lumières qui a huit heures du matin de cet automne meurent dans le port, prennent la nuit venue diverses couleurs : vert, bleu, orange, rouge, blanc et l’eau les reçoit pour les transformer en reflet. Toutes ensemble, sur fond de ville et de fumée des cheminées de l’arsenal, elles offrent le spectacle étrange et beau que l’on peut seulement contempler depuis cet édifice, le plus haut de toute la zone.

    Noemí ULLA

  • Fragments et chants d’adieu

    Fragments et chants d’adieu

    La séduction venue de la sérénité des montagnes, ces personnages dans le paysage, nous ramènent aux Wei, aux Jin. Être assis, désœuvré, pensant au vin, au travail des champs, à la poésie, les regards lointains et la tristesse âcre de l’horizon ne font plus qu’un.

    Au-dessus du chant de l’oiseau, coulant entre les gorges du toit pointu d’un clocher de campagne, du bois touché par le premier givre, les cimes étranges d’une terre autre, tel un paravent, se déroulent ; en haut, des herbes fanées et la neige de l’hiver dernier.

    Grimper comme Kuafu peiner en vain à la poursuite de la roue lancée des saisons, avant le coucher du soleil, devoir reprendre ce même chemin. L’arc-en-ciel couleur de chair, ce dévoreur de nuages et de lumière, entre au fond du verre à pied. Les sons du luth dont joue l’ermite sur le lac ont brisé l’oie sauvage en son retour. La vigne, femme plante à la peau touchée par le givre, ses larmes qui accueillent-elles ?

    SONG Lin