auteur : E

  • De l’imposture en littérature

    De l’imposture en littérature

    E. V-M

    Il me semble que ce n’est pas une imposture qui nous lie, mais un bar. Il s’appelait El Aviador. C’était un bar de Barcelone. Un établissement décoré d’hélices et de blasons, de casquettes de la RAF, de débris d’aéroport et de catastrophes aériennes. C’est Sergi Pàmies qui nous y avait amenés, et j’ai toujours pensé qu’il était parfaitement conscient de nous introduire dans un décor qui semblait tiré d’un de tes romans. Je ne suis plus jamais retourné dans ce bar, et on m’a dit qu’il n’existait plus depuis des années ; il aura connu une existence fugace.

    Enrique VILA-MATAS et Jean ECHENOZ

  • Je t’interpelle dans la nuit

    Je t’interpelle dans la nuit

    Je suis là, dans la nuit, dans ma propre nuit où je suis entrée comme on entre dans une tente… Ici, c’est une chambre couleur ambre éclairée par la lumière crue d’une ampoule, entièrement recouverte de papiers. Le papier, le mot, la lettre, le signe, l’icône, le symbole… Sans souvenirs, sans être humain. Plutôt que d’éclairer, la lumière, couleur or, semble encadrer l’obscurité, appeler les ombres pour les entasser dans des coins déserts. Sept tasses refroidies encerclent mon silence et des cendriers débordants. Je me sens comme les vestiges d’une époque révolue depuis longtemps, entourée de papiers qui s’élèvent de tous bords. Ceci est un sentiment amer, aussi dense que la mare de café et lorsque je l’éclaire par la lumière des mots, il appelle une ombre plus grande encore que lui-même : ma solitude …

    Asli ERDOGAN

  • Rives, rivages, la mer

    Rives, rivages, la mer

    À peu près ceci : Une femme se traîne dans un champ de friches durci par le gel, elle tient deux enfants par la main, qu’elle tire derrière elle. De temps à autre, elle s’immobilise. Peut-être tombe-t-elle à genoux pour ouvrir largement les bras et serre les deux enfants contre elle. Elle s’immobilise telle une pietà. Les enfants sont silencieux, dociles, raisonnables, l’un a trois ans, l’autre cinq. La femme se relève, trébuche, se rattrape, la rive n’est pas très loin. Cette rive décrit une large courbe, elle est plate. Ils l’atteignent. Ils s’immobilisent. La femme s’immobilise. Puis une agitation parcourt son corps enveloppé dans un manteau de drap fin, c’est comme une secousse qui envoie sa tête vers le ciel. Elle rassemble ses forces pour mieux tenir les enfants par la main, elle resserre ses doigts sur les leurs et commence à marcher dans l’eau où les deux enfants dociles et muets ne tardent pas à disparaître devant elle, et puis le silence se referme sur le fleuve, peut-être des blocs de glace glissent-ils sur les corps, de sorte que ces derniers ne remontent pas à la surface avant l’estuaire du fleuve, avant la mer, avant la fin.

    Gerd Peter EIGNER

  • Revue n°22 – Zurich / Tirana

    Revue n°22 – Zurich / Tirana

    Sommaire
    Présentation de Bernard Comment
    Metin ArditiCanton de Vaud, le 13 juin Saint-Saphorin, château de Pré-Vigne 10 heures
    Arno CamenischQuelque part dans la pampa
    Nicolas CouchepinNe plus jamais voir la mer
    Elisa Shua DusapinEverland
    Dorothée ElmigerEt ainsi de suite
    Yael InokaiLa vie telle qu’elle est
    Alberto NessiLes enfants de Medellín
    Fabio PusterlaProcès-verbal des choses non dites
    Beat SterchiSur une butte dans l’Emmental
    Matthias ZschokkeLa visites
    Ardian MarashiLa littérature albanaise : une mosaïque mouvementée
    Ylljet AliçkaPortrait du poète en militant
    Ridvan DibraLa chartreuse de Parme
    Bessa MyftiuEn attendant…
    Stefan CapalikuLaisse la porte ouverte (monologue)
    Agron TufaOrphi (petit poème)
    Virion GraçiLes hommes
    Ernest KoliqiL’hôte
    Martin CamajLe fil retrouvé (choix de poèmes)

  • Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince

    Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation de Jean-Noël Juttet
    Hwang Jeong-eunUne ville de chat
    Hwang Sok-yongUn monde famillier
    Jin Eun-youngQuatre poèmes
    Kim Hye-soonHorizon
    Kim Un-suL’estuaire
    Kim YeonsuMi en avril, sol en juillet
    Kwak Hyo-hwanTrois poèmes
    Lee Seung-ULa baignoire
    Park Chan-soonSix gouttes d’eau
    Pyun Hye-youngMenu A
    Shim Bo-seonDeux poèmes
    Song Sok-zeCe type, je vous jure
    Présentation de Bernard MagnierPort aux poètes
    Stéphanie BalmirTout est à recommencer
    Auguste BonelJe marche dans la ville
    Mehdi ChalmersLa ville où je suis néPas même ce qui n’a pas de mots
    Louis-Philippe DalembertBel-air
    Jacques Adler Jean PierreDidascalie d’une ville accroupie
    Syto KavéPort-au-prince dort
    Yannick LahensEt tout ce malaise
    James NoëlToutes ces villes qui se trompent de trottoirs
    Makenzy OrcelColomb guette manman w !
    Guy Régis JuniorUrinoir
    Rodney Saint-ÉloiLe poème s’appelle Port-au-prince
    Lyonel TrouillotNous sommes des villes disparues
    Gary VictorLes galets
    Evains WêcheOù se situe Port-au-prince sur le web ?, À Port-au-prince, c’est chaque jour le carnaval

  • Revue n°17 – Athènes / Santiago

    Revue n°17 – Athènes / Santiago

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation d’Olivier DescotesGénération X
    Chrìstos IkonòmouLe petit soldat de plomb
    Chrìstos AsterìouLe vide encore
    Chrìstos ChryssòpoulosLe mythe de Février Martinidis
    Dìmìtris StefanàkisL’été en toutes lettres
    Yànnis Doùkas
    Yànnis MakridàkisLe chant du merle
    Yànnis MavritsàkisDéplacement vers le rouge
    Yànnis PalavosLa croix
    Ionnà BourazopoùlouNadir
    Thanàssis HatzòpoulosVisite de temps
    Présentation de Felipe Tupper
    Carlos FranzEspagnols perdus en Amérique
    Mauricio ElectoratMonsieur M
    Jorge EdwardsDécouverte de la peinture
    Lina MeruaneLames de rasoir
    Leonardo SanhuezaJe me souviens de Clifford
    Alejandro ZambraFantaisie
    Raúl ZuritaTrois songes avec Shakespeare, une nuit d’été
    Nicanor ParraPoèmes
    Damiela EltitMême si je me lavais à l’eau de neige
    Diego ZúñigaLe langage des oiseaux
    Diego MaquieiraLe poulailler