Saint-Nazaire, août 1988
Messieurs,
Je suis arrivé à la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs l’esprit lourd du drame de La Première balle et je l’ai écrit, pour le laisser à votre ville, dès les premiers jours. Dans le même temps, un autre thème me poursuivait : la reconstruction de Saint-Nazaire.
J’ai cherché des renseignements. Toute documentation ayant été mise à ma disposition, j’ai pris des notes, demandé la photocopie des informations les plus intéressantes pour moi, afin de compléter l’étude que je comptais faire.
Je suis bientôt arrivé à la conclusion que tout cela ne reflétait que mon intérêt personnel pour l’histoire de Saint-Nazaire. Une histoire que les habitants de la ville doivent savoir par cœur. Quel attrait, quelle nouveauté pouvait avoir pour eux un texte de ce genre ?
zone géographique : Brésil
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La première balle
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Jours de Faulkner
L’irritation s’insinuait comme un léger mal de tête, sans que le mouvement monotone des hélices, qui laissaient à l’arrière des moteurs une tache grisâtre, ronde et uniforme, n’en fût vraiment la cause. Ce n’était pourtant pas une musique agréable à ses oreilles, au contraire : le bruit entretenait en lui le malaise qui, pour une raison quelconque, rendait plus aiguê la sensation d’un subtil décalage dans les phrases échangées à la hâte avec l’hôtesse de l’air, à qui il renvoyait de temps à autre un solitaire thank you.
Par la fenêtre, on pouvait voir au-dehors un morceau trouble, imprécis, presque tout noir, de paysage ; comme une toile de fond, dont l’aile et sa paires d’hélices auraient été le centre. Vous ne voulez pas vous reposer. Non, vraiment, non. Il remercia pour la deuxième fois l’hôtesse de l’air qui lui proposait de l’accompagner jusqu’à la cabine de repos des passagers. Comme elle avançait d’un pas très léger, discret, il remarqua la broche dorée sur le chapeau bleu triangulaire, où brillait, au milieu de deux ailes stylisées, le symbole de la compagnie.