Et pourquoi, après cette période souvent un peu euphorique qui suit l’achèvement d’un livre, grimpe-t-on à nouveau à l’échelle du plongeoir, se hasarde-t-on à l’extrémité du tremplin oscillant, sans même distinguer si la piscine est remplie ? D’où viennent les livres, ceux qu’on écrit, parmi tous ceux auxquels on rêve pendant quelques secondes, quelques mois ou quelques années avant de jeter l’éponge ? (…) Patrick Deville – Extrait de la préface
La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs publie chaque année un recueil de textes sur un sujet proposé à une quinzaines d’écrivains : après Le lecteur idéal, Les Bonheurs de Babel, L’invention du Livre, Lectures Lointaines, Avoir vingt ans, voici L’Histoire ou la Géographie, manière de savoir quelle place tiennent ces deux-là dans leur vie, dans leurs livres, quelle place elles tenaient dans leur imagination d’enfant, si l’une des deux joue un rôle particulier, voire principal, dans leur travail et leur intérêt de lecteur, si les rapports qu’ils entretiennent avec elles ont évolué au fil du temps, comment leurs livres et leur vie se jouent de cet équilibre précaire, à la croisée de ces deux réalités, l’une réversible et l’autre non. Ensuite ces écrivains sont invités à se rencontrer sur le port de Saint-Nazaire, à poursuivre en commun, et devant les lecteurs, leurs réflexions, et leurs conversations sont enregistrées et filmées, conservées dans le temps, pour ceux qui n’ont pu se déplacer dans l’espace. Ces images, qui complètent ce recueil, peuvent être consultées.
Préface de Patrick Deville.
Sommaire
David Albahari
La langue est de l’histoire, et le récit est de la géographie
Arno Bertina
La carotte et le mouvement
Ying Chen
Hors les trains
Antônio Dutra
Le temps d’avant
Mathias Enard
Au dernier soir sur cette terre
Gamal Ghitany
Horizon cairote
William Gibson
Time Machine Cuba
Vassili Golovanov
Le Voyage comme Création
John Haskell
Géographie et Histoire
Chenjerai Hove
L’écrivain, le site, l’ »historico-site » et la société
Lídia Jorge
Slot machine
Alaa Khaled
Se lier avec un lieu, c’est un peu comme…rencontrer un inconnu dans un train
La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs a cette année vingt-cinq ans. Elle a édité plus d’une centaine de livres bilingues, a accueilli les plus grands, a permis aux lecteurs français de découvrir des écrivains alors inconnus. Elle organise en ce mois de novembre deux mil douze la dixième édition des rencontres littéraires Meeting. Ça ne veut pas rien dire. La phrase de Rimbaud sera cette année notre emblème. Ça concernait la poésie. Qu’elle n’était pas un simple jeu, un divertissement. Que la vie se jouait là. Il écrira plus tard « utile ». Cette phrase, nous l’appliquerons à tous les genres littéraires, la poésie mais aussi le roman et la nouvelle. Que ça ne veut pas rien dire et qu’il en va de notre humanité, de notre lecture du monde. Nous avons demandé à certains des écrivains invités cette année à Saint-Nazaire d’écrire pour l’occasion les pages qui suivent. Elles constituent le dixième numéro de ce recueil bilingue annuel. Patrick Deville Préface.
Sommaire
Laura Alcoba
Hong Kong en Valois
Gabriela Alemán
Le conteur d’histoires
Alain Borer
L’Obscur à dire. Petit traité d’intentionnalité poétique