zone géographique : Brésil

  • La première balle

    La première balle

    Saint-Nazaire, août 1988

    Messieurs,

    Je suis arrivé à la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs l’esprit lourd du drame de La Première balle et je l’ai écrit, pour le laisser à votre ville, dès les premiers jours. Dans le même temps, un autre thème me poursuivait : la reconstruction de Saint-Nazaire.

    J’ai cherché des renseignements. Toute documentation ayant été mise à ma disposition, j’ai pris des notes, demandé la photocopie des informations les plus intéressantes pour moi, afin de compléter l’étude que je comptais faire.

    Je suis bientôt arrivé à la conclusion que tout cela ne reflétait que mon intérêt personnel pour l’histoire de Saint-Nazaire. Une histoire que les habitants de la ville doivent savoir par cœur. Quel attrait, quelle nouveauté pouvait avoir pour eux un texte de ce genre ?

    Harry LAUS

  • Jours de Faulkner

    Jours de Faulkner

    L’irritation s’insinuait comme un léger mal de tête, sans que le mouvement monotone des hélices, qui laissaient à l’arrière des moteurs une tache grisâtre, ronde et uniforme, n’en fût vraiment la cause. Ce n’était pourtant pas une musique agréable à ses oreilles, au contraire : le bruit entretenait en lui le malaise qui, pour une raison quelconque, rendait plus aiguê la sensation d’un subtil décalage dans les phrases échangées à la hâte avec l’hôtesse de l’air, à qui il renvoyait de temps à autre un solitaire thank you.

    Par la fenêtre, on pouvait voir au-dehors un morceau trouble, imprécis, presque tout noir, de paysage ; comme une toile de fond, dont l’aile et sa paires d’hélices auraient été le centre. Vous ne voulez pas vous reposer. Non, vraiment, non. Il remercia pour la deuxième fois l’hôtesse de l’air qui lui proposait de l’accompagner jusqu’à la cabine de repos des passagers. Comme elle avançait d’un pas très léger, discret, il remarqua la broche dorée sur le chapeau bleu triangulaire, où brillait, au milieu de deux ailes stylisées, le symbole de la compagnie.

    Antônio DUTRA

  • Bien loin de Marienbad

    Bien loin de Marienbad

    Il est huit heures du soir ; il n’y a personne à la gare.

    Non, ce n’est pas exact. Pour être précis, le TGV arrie ponctuellement à vingt heures et sept minutes – et il n’y a rien de plus ponctuel qu’un TGV, sauf peut-être l’omnibus suédois de Kungshambra, il y a si longtemps, est-ce que ça va continuer ainsi ? – donc il est bien huit heures du soir, un peu plus mais à peine. S’il importe toutefois de savoir l’heure à laquelle tout cela commence.

    Caio Fernando ABREU

  • Revue n°9 – São Paulo / Le Cap

    Revue n°9 – São Paulo / Le Cap

    Sommaire
    Patrick DevilleÉditorial
    Patrick HoudinPrésentation
    Modesto CaroneDes jours meilleurs
    Zulmira Ribeiro TavaresLa curieuse métamorphose pop de Plácido
    Bernardo CarvalhoQuatre mouvements progressifs de la chaleur
    Nelson de OliveiraÀ cette époque nous avions un chat
    Fernando BonassiLes mots et les choses
    Luiz RuffatoLa Démolition
    Bruno ZéniCorps à corps avec le béton
    Veronica StiggerDomitila
    Milton HatoumDeux temps
    Luis Fernando VerissimoLe policier anglais
    Maud Félix-FaurePrésentation
    André BrinkPeut-être jamais (extrait)
    J.M.CoetzeeConférence Nobel Lui et son homme
    Sello DuikerCette violence qui sommeille dans les rêves
    Antjie KrogPoèmes ménoposaux/ Rencontre d’athlétisme dans la nouvelle Afrique du Sud
    Zakes MdaLe messager des baleines
    Zoë WicombRien à voir avec le vent
    Ivan VladislavicUne île accidentelle

  • Meeting 2005

    Meeting 2005

    Meeting 2005

    Festival de littérature Meeting 2005

    Comment est-ce qu’on s’y met finalement ?

    Et pourquoi, après cette période souvent un peu euphorique qui suit l’achèvement d’un livre, grimpe-t-on à nouveau à l’échelle du plongeoir, se hasarde-t-on à l’extrémité du tremplin oscillant, sans même distinguer si la piscine est remplie ? D’où viennent les livres, ceux qu’on écrit, parmi tous ceux auxquels on rêve pendant quelques secondes, quelques mois ou quelques années avant de jeter l’éponge ? (…) Patrick Deville

    Extrait de la préface du recueil L’invention du livre, meet 2005


    Gabriela Adamesteanu (Roumanie)
    John Burnside (Écosse)
    Bernardo Carvalho (Brésil)
    Jerome Charyn (États-Unis)
    Jean-Luc Coatalem (France)
    Bernard Comment (Suisse/France)
    Gil Courtemanche (Canada)
    Adriaan van Dis (Pays-Bas)
    José Manuel Fajardo (Espagne)
    Christian Garcin (France)
    Gamal Ghitany (Égypte)
    Letitia Ilea (Roumanie)
    Antjie Krog (Afrique du Sud)
    Loustal (France)
    Ion Pop (Roumanie)
    Audrey Pulvar (France)
    Luis Sepulveda (Chili)
    Karla Suarez (Cuba)
    Luis Fernando Verissimo (Brésil)
    Ivan Vladislavic (Afrique du Sud)