zone géographique : Europe

  • Le mensonge

    Le mensonge

    1.

    Nous sommes dans le hall d’un vieil hôtel particulier bourgeaois d’avant guerre. Les portes-fenêtres donnant sur la terrasse sont toutes fermées et les volets clos. On ne voit donc pas s’il fait jour ou nuit. L’ingénieur est en trainde lire près d’une lampe allumée. La sonnette retentit. L’ingénieur ne bouge pas. Une nouvelle sonnerie. L’ingénieur écoute avec étonnement. Finalement, il se décide, pose ses lunettes et se lève. En route vers la porte, il entend le troisième coup de sonnette. Il n’y comprend rien.

    L’ingénieur : Que se passe-t-il ?

    2.

    Près de la porte. L’action peut se dérouler également en dehors de la scène. Prudemment, l’ingénieur entrouvre la porte. Derrière se tient une jeune femme séduisante. Elle sourit de façon très avenante. L’ingénieur la regarde avec méfiance.

    Catherine : Bonjour, Monsieur

    L’ingénieur : Bonjour, Mademoiselle.

    Un moment de silence. Tous les deux s’examinent

    Vous désirez ?

    Catherine : Je voudrais vous parler.

    L’ingénieur : Il est arrivé quelque chose ?

    Catherine : Non, rien.

    L’ingénieur : Alors, pourquoi voulez-vous me parler ?

    Catherine : Pas ici.

    Michal LAZNOVSKY

  • Building le Bunker

    Building le Bunker

    Building

    Par une fenêtre ouverte sur le port :

    houle de cornemuses et de tambours

    comme bruit de cailloux dans une main d’enfant.

    Écluse

    La rock-musette de la révolution

    gronde dans le parc. Les lampions

    de l’anarchie sont allumés.

    Un tableau d’apparences

    et de disparitions s’agite

    sur les eaux du lac.

    aujourd’hui, le port respire le même calme

    qu’une photographie de noirs

    peinant dans les docks du passé,

    silencieux comme l’herbe dans le vent…

    Qu’allons-nous construire maintenant ?

    Un pont plus grand encore

    allant même jusqu’à Portmouth ?

    Qui a besoin de transatlantiques

    battant pavillon panaméen et finissant

    leurs jours en croisière de luxe

    entre Oslo et Kingston ?

    À une distance sûre du feu

    les chauve souris rapiècent

    leur dessin indépendamment du temps

    le rêve est ainsi : une danse luisante dans l’obscurité.

    Les mains et les pieds alourdis

    des pontons dans la chaleur.

    Peter LAUGESEN