zone géographique : Europe

  • Comme en Quatorze

    Comme en Quatorze

    Recueil meeting 2013

    La phrase paradoxale et française, l’idiotisme, est difficile à traduire : C’est reparti comme en Quatorze ! qui signifie encore aujourd’hui que, finalement, tout va pour le mieux, et, qu’après quelques inquiétudes, tout est à nouveau sur la bonne voie, et dans l’optimisme. Comme en Quatorze ! (…) Tout cela est-il reparti comme en Quatorze ? Les écrivains et les artistes d’une manière plus générale, ont-ils là-dessus leur mot à dire ? Ont-ils un devoir d’alerte ? Ou bien la littérature, à la différence du journalisme, doit-elle, de tout cela, se foutre comme de l’an Quarante ? (…) Patrick Deville Extrait de la préface

    Sommaire
    Marianne AlphantDe choses et d’autres
    Jean-Christophe Bailly14, 40, et maintenant, et après ?
    Chrìstos ChryssòpoulosÀ la première personne. L’écrivain et la responsabilité individuelle
    Jean-Durosier DesrivièresMise en orbite d’un beau conflit
    Jorge EdwardsNotre treize et notre quatorze
    Mauricio ElectoratDe Neruda à Bolaño : une déterritorialisation
    Elsa OsorioÉcrire je suis latino-américaine
    Ersi SotiropoulosFoie bile entrailles
    Hyam YaredLittérature ou le risque de l’altérité
  • Dire la ville

    Dire la ville

    Recueil meeting 2014

    Depuis bientôt trente ans que la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs accueillent à Saint-Nazaire des écrivains de tous les horizons, et que tout autour la ville s’est reconstruite, certains d’entre eux ont choisi de décrire des lieux nazairiens, comme l’écrivain danois Jan Sonnergaard 2, l’argentin Ricardo Piglia 3 ou l’espagnol Enrique Vila-Matas 4. Mais ce que nous imaginons cette année, c’est de rassembler en un recueil avant votre venue des déambulations urbaines un peu partout dans le monde, et que vous acceptiez de consacrer quelques feuillets à une ville qui est la vôtre ou une autre, ville habitée ou parcourue, dont le nom, ou celui d’un quartier, peut-être le titre du texte. (…) Patrick Deville Extrait de la préface

    Sommaire
    Hoda BarakatDire la ville
    François BeauneLes reflets du tourisme sur la ville
    Jabbour DouaihyL’homme au manuscrit
    Juan Gabriel VásquezVers la tombe de Borges
    Santiago GamboaVilles, romans
    Tomás GonzálezIles flottantes
    Laura RestrepoLa ville intérieure
    Minh Tran HuyLa Cité des cités
    Gilles OrtliebFriterie Jacqueline
    Alberto Ruy-SánchezQuatre pas vers Vârânasî
  • Traduire la vie

    Traduire la vie

    Recueil meeting 2015

    La Maison des écrivains étrangers et des traducteurs mettra cette année l’accent sur le T de MeeT, mettra à l’honneur les traducteurs et la littérature traduite, et donc aussi les écrivains, puisque le titre choisi pour ces rencontres, « Traduire la vie », convoque Proust et la Recherche, et l’dée que c’est la grande entreprise de la littérature de traduire « la vraie vie » et de nous l’offrir, comme le narrateur dans Le Temps retrouvé découvrant que, « flatté d’être bien reçu chez les Guermantes, et d’ailleurs un peu grisé par leurs vins, je ne pouvais m’empêcher de dire à mi-voix, seul, en les quittant: « Ce sont tout de même des êtres exquis avec qui il serait doux de passer la vie », je m’apercevais que ce livre essentiel, le seul livre vrai, un grand écrivain n’a pas, dans le sens courant, à l’inventer puisqu’il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur. »

    Patrick Deville

    Sommaire
    Edgardo CozarinskyJoseph Roth, ma mère et quelques cafés
    Kim Un-SuÀ l’âge de quarante ans
    Lee Seung-UDes récits pour le récit
    Makenzy OrcelLe nouveau Parrain
    Phyun Hye-youngTraduire la vie… des autres
    Tiphaine SamoyaultLe terre-plein de la Villette
    Song Sok-zeLa carte et le roman
    Lyonel TrouillotL’écriture comme traduction de la vie

  • L’aventure géographique

    L’aventure géographique

    Recueil meeting 2016

    Claude Lévi-Strauss écrivait il y a soixante ans que le voyage était déjà fini – jugement très excessif sans doute aux yeux des anthropologues et archéologues d’aujourd’hui qui découvrent encore des peuplades inconnues et des civilisations englouties.

    Quant à la littérature de l’Europe, qui depuis toujours se nourrit de l’ailleurs et de l’étranger, s’en va voir là-bas, comment en ce siècle est-elle confrontée à l’apparition de nouvelles barrières dressées devant l’arrivée des migrants, la question n’est pas nouvelle, et Hugo déjà depuis son exil s’élevait contre les frontières : Étranger ? Que signifie ce mot ? Quoi, sur ce rocher j’ai moins de droits que dans ce champ ? Quoi, j’ai passé ce fleuve, ce sentier, cette barrière, cette ligne bleue ou rouge visible seulement sur vos cartes, et les arbres, et les fleurs, le soleil ne me connaissent plus ? Quelle ineptie de prétendre que je suis moins homme sur un point de la terre que sur l’autre !

    Comment vivons-nous, écrivains français, polonais ou italiens, ce terrible déséquilibre, nos si faciles aller-retour partout sur la planète, quand l’aller simple est interdit à tant d’autres ? L’aventure géographique nous est-elle interdite ou, au contraire, devons-nous plus encore continuer d’aller voir là-bas ?

    Sommaire
    Filip SpringerLes pays et sans poussière
    Wojciech NowickiAlbert
    J.A. González SainzL’aventure du voyage vers la tranquillité
    Olga TokarczukFin des voyages
    Mauro CovacichTrieste, aventure géographique de la langue
    Simonetta GreggioGéographies
    Roberto FerrucciComme un paquebot
    Tiziano ScarpaJe suis un chien qui aboie en pleine nuit
  • Vers l’Europe ?

    Vers l’Europe ?

    Recueil meeting 2018

    Vers l’Europe ?

    Qu’entendons-nous aujourd’hui lorsque nous prononçons le nom de la lointaine princesse phénicienne ?

    L’an prochain se tiendront dans vingt-huit pays les élections européennes, lesquelles ne semblent pas susciter l’enthousiasme mais souvent la suspicion, voire l’hostilité, l’oubli du rêve de Hugo un siècle et demie plus tôt, cent soixante-dix ans très exactement, qui appelait à la fondation des États-Unis d’Europe dans son discours au Congrès de la Paix : « Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples ».

    C’était après l’échec des révolutions européennes de 1848 durement réprimées. Déjà d’un peu partout des exilés gagnaient la Suisse, sa neutralité, qu’elle n’avait pas choisie, mais qui lui fut imposée au sortir des guerres napoléoniennes. Et malgré le rêve hugolien ç’avaient été plus tard deux guerres mondiales chaque fois déclenchées au cœur de l’Europe, une nouvelle guerre dans les Balkans encore à la toute fin du XXe siècle. Pourtant les votes, en effet, ont remplacé les boulets, la législation de cette partie du monde est l’une des plus avancées en matière de libertés publiques, et en ce mois de septembre 2018, le parlement européen impose le respect du droit d’auteur aux plateformes numériques internationales. Comment les écrivains européens voient-ils aujourd’hui l’Europe ?

    Chaque année, la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs met à l’honneur deux littératures, cette année la suisse et l’albanaise, de deux pays peu éloignés, qui sont au centre géographique de l’Europe sans appartenir à son organisation politique et économique, l’un semblant le souhaiter et l’autre non, deux pays entourés de tous côtés par les vingt-huit pays de l’Union, deux pays proches dans l’espace et qui pourtant, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, semblaient vivre dans des temps  éloignés.

    La Suisse, dont la littérature s’est formée par la diversité de ses quatre langues officielles, par une longue tradition d’accueil et de refuge pour les écrivains, depuis Madame de Stael à Coppet et Chateaubriand à Genève, même s’il refusa son ambassade en Valais, James Joyce et Thomas Mann à Zurich et tant d’autres, un pays depuis longtemps ouvert aux progrès humanistes et aux rêves hugoliens, puisque le poète notait dans son journal le 5 juin 1873 : « Les journaux publient ceci : ABOLITION DE LA PEINE DE MORT EN SUISSE. Une lettre de Soleure, datée du 26 mai, contient ce qui suit : ‘Gloire à Victor Hugo ! le 24 mai le Grand Conseil, invoquant l’autorité du grand Victor Hugo, a aboli la peine de mort, à une majorité de 60 voix contre 11. Gloire au grand homme !’ ».

    L’autre, l’Albanie, pays d’unité linguistique, sous la dictature communiste d’Enver Hoxda après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pays longtemps fermé, isolé, n’a définitivement aboli la peine de mort qu’en 2007. C’est à ces écrivains albanais confrontés à l’ouverture européenne et à un nouveau monde éditorial que nous avons posé la question de l’Europe, Ylljet Aliçka, Ridvan Dibra, Stefan Çapaliku, dont la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs édite cette année en version bilingue le roman Chacun s’affole à sa manière, et Bessa Myftiu. Celle-ci, née albanaise, est aujourd’hui genevoise, écrit en français et se traduit en albanais. L’Albanie demeure un pays de grande émigration et la communauté albanaise est l’une des plus considérables de la Suisse.

    Le football est un puissant révélateur géopolitique des travers nationalistes. L’équipe d’Albanie n’était pas qualifiée pour la dernière coupe du monde en Russie. Ses meilleurs joueurs, naturalisés suisses, jouaient pour la Confédération. On se souvient du scandale provoqué par ces buteurs mimant avec les mains l’envol de l’aigle albanais lors du match de la Nati contre la Serbie.

    Cette question du sentiment européen, nous l’avons encore posée à Jakuta Alikavazovic, auteure française dont l’œuvre est hantée par ce récent passé monstrueux des Balkans, et à Kaouther Adimi, auteure algérienne écrivant elle aussi à Paris, laquelle, dans le texte qu’on découvre ici, rappelle le terrible pacte germanique conclu entre les équipes de football de l’Allemagne et de l’Autriche lors de la coupe du monde de 1982 en Espagne pour évincer l’Algérie.

    Quant aux auteurs suisses, le sujet européen est ici abordé par Metin Arditi, d’origine turque, Elisa Shua Dusapin, d’origine coréenne, tous deux écrivains de langue française, par Dorothée Elmiger et Matthias Zschokke de langue allemande, et Alberto Nessi, poète de langue italienne dont la meet a édité en version bilingue le recueil Algues noires il y a quinze ans, en 2003. L’Europe est aussi ce lieu de la curiosité pour les littératures du monde et leur traduction. Au-delà des nationalismes et des populismes toujours menaçants, Nessi, au souvenir d’un poème de Prévert, invoque cette idée de l’universalisme européen : « Il existe une conscience littéraire européenne qui dialogue avec celle des autres continents. Une conscience babélique, qui nous rend frères de tous les autres humains, même de ceux que nous ne connaissons pas. »

    Patrick Deville

    Sommaire
    Kaouther AdimiJe ne suis pas européenne
    Ylljet AliçkaDes ponts invisibles vers l’Europe
    Metin ArditiJ’aurais tant aimé
    Jakuta AlikavazovicMa mélancolie européenne
    Stefan ÇapalikuEffleurer l’Europe, sans jamais l’atteindre
    Ridvan DibraVers l’Europe en costume post-moderne
    Dorothée ElmigerSur une chaise en plastique au bord de la Méditerranée
    Bessa MyftiuVers l’Europe
    Alberto NessiEau-de-vie
    Elisa Shua DusapinLangues au corps
    Matthias ZschokkeEst-ce de la littérature européenne ?

  • Comment ça commence

    Comment ça commence

    Recueil meeting 2019

    On glissait autrefois un manuscrit dans une grande enveloppe oblitérée, sur laquelle on inscrivait l’adresse de l’éditeur dont les livres au catalogue vous avait le plus bouleversé, dans lequel on rêvait de figurer. On attendait. Un courrier ou un appel téléphonique, un jour, après que, depuis des mois ou des années, vous écriviez dans la solitude, faisait de vous un écrivain. Un éditeur vous adoubait.

    Si cette pratique postale n’a pas disparu, d’autres procédures apparaissent. En France, des universités créent des formations à la création littéraire, des maisons d’édition proposent aussi des cours ou ateliers afin de trouver de nouveaux auteurs. C’est aussi le cas au Pays-Bas. L’idée nous est venue de demander à des écrivains éparpillés dans l’espace et le temps, de plusieurs pays et de plusieurs générations, de revenir sur ce moment, capital, de leur première rencontre avec leur premier éditeur, l’histoire de leur première publication.

    Ce recueil rassemble les contributions d’écrivains hollandais et marocains, représentants de ces deux littératures mises à l’honneur cette année par la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs, d’autres aussi, de France ou d’Italie, du Chili. Tous viennent en ce mois de novembre à Saint-Nazaire et à Paris se rencontrer, rencontrer les lecteurs, présenter leurs livres, s’interroger sur les changements en cours dans l’édition, la librairie, la critique, et dans leur propre activité, si curieuse, d’écrire des livres et de les publier.

    Patrick Deville

    Sommaire
    Mohamed BerradaPlus qu’un premier livre, plus qu’un éditeur
    Jean-Marie Blas de RoblèsDouble détente
    Yasmine ChamiCorps de papier
    Julia DeckPlace des fêtes
    Youssef FadelLe barbier de Casablanca
    Saskia GoldschmidtUn nectar noir comme du jais
    Liza GinzburgRépondre des voix : un engagement
    Jalal El HamaouiLe poète en situation de hors-jeu
    Toine HeijmansLa Planète Littérature
    Latifa LabsirJuste un désir
    Samy LangeraertUn doute absurde
    David LopezÉcole
    Inge SchilperoordPinceuse d’âmes écrivaine ou écrivaine pinceuse d’âmes
    Luis SepulvedaLe jour où Indiana Jones n’est pas arrivé gare Montparnasse
    Ardiaan van DisEntrer en littérature par le nez
    Nina YargekovComment ça finit…
    Niña WeijersConcours et stage d’écriture
    Abdallah ZrikaPremier livre, premier tatouage

  • La vie des langues

    La vie des langues

    Recueil meeting 2021

    Si on ne souscrit pas au mythe de Babel, leur apparition est énigmatique : elles naissent, croissent, se déploient, rayonnent, puis s’éteignent. Nous savons tous que nous parlons, écrivons surtout, de futures langues mortes. Le passé de notre propre langue, le temps passant, se dérobe : la plupart des lecteurs français lisent aujourd’hui les œuvres de Rabelais ou de Montaigne dans des versions modernisées. Cette vie des langues, leur évolution, leur fragilité, est le thème des rencontres internationales Meeting de cette année 2020, à Saint-Nazaire et à Paris.

    Les écrivains invités se penchent ici sur l’histoire de leur propre langue d’écriture et de lecture. Les deux littératures mises à l’honneur lors de cette dix-huitième édition des Rencontres sont la norvégienne et la vietnamienne, écrivains norvégiens confrontés à la dualité nationale, de leur langue d’usage, nynorsk et bokmal, écrivains vietnamiens maniant l’une des rares langues asiatiques transcrites en alphabet latin, le quôc ngü, après les écritures han puis nôm d’origines chinoises. Et nous demanderons à tous ces écrivains, depuis différentes régions du monde, d’Espagne et des Comores, de la Somalie et de l’Inde, comment ils ont découvert la littérature mondiale traduite dans leurs langues. Les œuvres classiques sont souvent retraduites tous les vingt ou trente ans. Parce que la langue de réception évolue, se modifie. Nous leur demanderons aussi cela : comment, pendant ces années de leur propre écriture, depuis leurs débuts littéraires, ils ont, ou non, tenu compte des modifications et des changements intervenus autour d’eux dans leur langue d’écriture.

    Patrick Deville

    Sommaire
    Do.KLangage, identité et carton de nouilles instantanées
    Abnousse ShalmaniLire Victor Hugo en persan
    Mona HøvringLes sauriens des Galápagos
    Buit ChatCochons, porcs et poésie
    Manuel VilasLa Tour de Babel
    Pierre DucrozetLa vie des langues
    Nguyên Binh PhuongL’arbre et l’écorce
    Eivind Hofstad EvjemoGouttes d’eau sur un fil téléphonique
    Sylvain PrudhommeMalaxe
    Phan Hon NhienBleu
    Sarah ChicheD’une langue morte
    ThuânDe Tolstoï à Sartre
    Ubah Cristina Ali FarahLa langue, mon seul pays
  • Écrire le paysage

    Écrire le paysage

    Recueil meeting 2022

    Qu’elle soit ou non au cœur du projet littéraire, la description du paysage emplit les romans et les poèmes, paysage naturels ou urbains, sublime des cimes et des volcans ou des forêts ou beauté périphérique, gares et voies ferrées, architectures et monuments des villes. Parfois les lieux ne sont que les cadres d’une action, parfois au contraire l’action semble un prétexte à l’entreprise de transformation en langage, en mots, de la réalité visuelle ou sonore, olfactive, où elle se déploie. Les écrivains dont les textes composent ce recueil nous confient, au plus près de leur travail d’invention et d’écriture, leur goût ou leur appréhension à saisir les paysages, la description des ciels ou des rues, des fleuves, comment un agencement de phrases parvient à installer dans notre imagination des lieux que nous n’avons jamais vus. 

    Patrick Deville

    Sommaire
    Selva AlmadaJamais rien ne cesse de s’écrire
    Leandro Avalos BlachaLe long de la suite des Triangles de Saint-Nazaire
    David DiopL’écriture du paysage
    François GardeSur l’innocence des paysages
    Einar Mar GudmundssonQuelques réflexions sur le paysage en littérature et en poésie
    Wolfgang HermannLe jardin du Temps (extrait)
    Reinhard Kaiser-MühleckerLe long chemin d’étape en étape (extraits)
    Andri Snær MagnassonN 64 35.378, W16 44.691
    Shumona SinhaLe nom de la rose
    Gabriela TrujilloLe paysage sous les paupières
    Josef WinklerEnfant d’humain 1979 extrait
  • Avoir (encore) vingt ans

    Avoir (encore) vingt ans

    Recueil meeting 2023

    Avoir (encore) vingt ans

    Qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? Dans quelle ville étiez-vous ? Que lisiez-vous ?
    Écriviez-vous ?
    À l’occasion des vingt ans de la Maison des Écrivains Étrangers et des
    Traducteurs, nous posons ces questions à une vingtaine d’écrivains de générations différentes, éparpillés autour du monde. Mais on pense à ce rêve borgésien dans lequel tous les livres de la bibliothèque seraient écrits par une seule personne. Elle change de sexe et de continent, de style et de langue. Elle passe la Révolution culturelle dans la campagne chinoise, vole comme l’ange de Wenders de Berlin-est à Berlin-ouest puis de Beyrouth ouest à Beyrouth-est. Elle étudie la chimie ou la philosophie, collabore à des journaux canadiens et brésiliens, crée des revues littéraires au Japon, en Iran et au Portugal. Elle est partout sur la planète, parfois douée d’ubiquité, souvent seule. Elle a toujours vingt ans. Deux fois apparaît dans ces pages Greta Garbo, l’icône de la solitude.


    J’écrivais ces lignes en 2007 pour les vingt ans de la Meet. Elle en a trente-six. Et c’est à présent, en 2023, la vingtième édition des rencontres Meeting de novembre. En 2007, celles-ci mettaient à l’honneur les littératures japonaise et angolaise,  » Tokyo / Luanda « , et cette année les littératures estonienne et sénégalaise, « Dakar / Tallinn « , et l’idée m’est venue de reprendre ces textes et d’y adjoindre les écrivains invités cette année, de leur poser les mêmes questions, de les insérer dans la chronologie de ces années où tous eurent vingt ans, éternellement, jeunes garçons et jeunes filles dans toutes ces villes, dans toutes ces époques, partageant le goût de la lecture, cette confiance et cette nécessité de la littérature, sa permanence et son infini renouvellement.

    Patrick Deville

    Sommaire
    Gabriela Adamesteanu Bucarest / 1962
    Gil CourtemancheMontréal / 1963
    Hans Christoph BuchBerlin / 1964
    Tendo TaijinTokyo / 1964
    Giuseppe ConteMilan / 1965
    Ikezawa NatsukiTokyo / 1965
    Ken BugulThiès / 1967
    Boualem SansalAlger / 1969
    Juan Carlos MondragonMontevideo / 1971
    Nedim GürselIstanbul / 1971
    John BurnsideCambridge / 1975
    Yang LianPékin / 1975
    Hakan LindquistStockholm / 1978
    Doris KarevaTallinn / 1978
    Charif MajdalaniBeyrouth / 1979
    José Eduardo AgualusaLisbonne / 1981
    Luiz RuffatoJuiz de Fora / 1981
    Javier CercasBarcelone et Gérone / 1982
    Philippe ForestParis / 1982
    Khadi HaneDakar / 1982
    Marie-Hélène LafonParis / 1982
    Philippe BeckParis / 1983
    Abdelaziz Baraka SakinKhashm el-Girba / 1983
    Santiago GamboaMadrid / 1985
    Tiit AleksejevTartu / 1988
    Tas AwLondres / 1991
    Arnaud CathrineParis / 1993
    Grânâz MoussaviTéhéran / 1994
    Hirano Keiichiro Kyoto / 1995
    Ismaël JudeAix-en-Provence / 1996
    Patrice PluyetteLe Mesnil-Saint-Denis / 1997
    Katrina KaldaTallinn / 2000
    Maylis BesserieCork / 2002
    Ercan YilmazKars / 2002
    Lamp Faal KalaLouga et Ndar / 2004
    Mbougar SarrCompiègne / 2010
  • Des histoires de la mer

    Des histoires de la mer

    Recueil meeting 2024

    Des histoires de la mer
    Chaque année, les Rencontres littéraires internationales Meeting de la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire sont à la fois thématiques et géographiques. Elles mettent à l’honneur deux littératures étrangères, en novembre 2024 la suédoise et la tunisienne, autour d’un sujet commun : cette fois la mer.
    La Suède comme la Tunisie sont bordées par la mer, baltique et méditerranéenne, et leur histoire, pour le meilleur et pour le pire, est inscrite dans cette proximité maritime.
    À ces écrivains suédois et tunisiens invités en novembre pour cette vingt-et-unième édition des Rencontres, se joignent dans ce recueil d’autres écrivains qui viendront les rejoindre dans la base sous-marine de Saint-Nazaire, depuis Taïwan et le Liban, la France et jusqu’à la Bolivie, privée d’accès à la mer depuis sa guerre contre le Chili.
    Tous ont accepté d’écrire la place de la mer dans leurs livres et dans leur vie. Patrick Deville

    Sommaire
    Bernard Comment (France)Un brusque saisissement
    Aymen Daboussi (Tunisie)L’enfant et la mer
    Hella Feki (Tunisie)Des histoires de la mer
    Aymen Gharbi (Tunisie)L’Aiwa, la mer et moi
    Amira Ghenim (Tunisie)Ne sois pas le dîner de la mer
    Daniel Gustafsson (Suède)Où sont les canots de sauvetage ?
    Rodrigo Hasbun (Bolivie)Instantanés sur fond de mer
    Björn Larsson (Suède)Vivre et écrire à bord d’un bateau…à voile
    Yunjie Liao (Taïwan)Au battement des vagues sur l’archipel
    Charif Majdalani (Liban)Inversion de la mer et de la montagne
    Jila Mossaed (Suède)Le bateau qui viendra me chercher
    Gaëlle Obiegly (France)Mémé
    Oliver Rohe (France)Une trace sur l’eau
    Maja Thrane (Suède)Marée
    Chantal Thomas (France)Souvenirs de la mer basse