Chaque fois que je reviens ici au dixième étage du Building, la vieille table est coincée entre la colonne et le mur de la terrasse, son plateau replié en deux. Elle porte la saleté du temps, dont je suis maintenant convaincu qu’il correspond à celui de mes absences. Malgré ses dimensions elle est très lourde, ce qui vaut plutôt mieux vu le vent qui souffle par ici, sauf quand vient le moment de la déplacer. Chaque fois que je reviens ici, je prends cette petite table, je l’ouvre, je la nettoie, je la redouvre avec la natte de plage que j’ai trouvée dans le placard de l’entrée, et je transforme l’ensemble en un parfait bureau que j’utilise le plus souvent possible, chaque fois que je reviens ici. Mais la première fois c’était en hiver et cette petite table, je l’ai seulement nettoyée et je ne m’en suis jamais servie. pas sur la terrasse, en tout cas. J’ai toujours voulu avoir une terrasse où écrire et celle-ci, en plein en face de la Loire, en pllein à côté de l’Océan, en plein au-dessus du port de Saint-Nazaire, tellement haute et avec le monde entier autour ressemble exactement à l’idéal de toutes les terrasses.
zone géographique : Italie
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Sentiments subversifs
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L’océan autour de Milan
L’océan là-devant là devant
comme une idée d’aplomb
ou une hémoptysie
dans le plus court intervalle entre les tempes.
Le gris souffre. Le gris n’est pas une couleur
mais un retournement, c’est scruter par terre
l’absolue moitié de toute chose, plier en quatre
les planètes de la fortune
qui nous donnent une limite au fond de la poche,
de même qu’en hiver cette rangée de maisons
signifie marcher côte à côte, être en hiver.
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Odyssée au miroir de Saint-Nazaire
Pourquoi une odyssée ?
La première impression de Saint-Nazaire, liée au bonheur d’être dans un port de mer, a été celle d’une Odyssée contemporaine. Il y avait là des éléments maritimes et légendaires, l’aventure de la « petite Californie » et sa destruction, la renaissance ex novo , et la présence, sur le port, de cyclopes de fer et de ciment à demi aveugles, semblables à Polyphène aux nombreuses paroles indéchiffrables. Il y avait les traces du voyage qui remplaçaient celles d’une histoire à demi détruite, occultée, invisible : le voyage et sa fluidité, le départ pour la mer, l’étendue de la soif océanique, la nécessité de la métamorphose, les souvenirs et le mélange des vies, les angoisses et les nostalgies des lieux, l’expérience du mouvement et le besoin de terre ferme, le pays des Lestrygons et les Sirènes, et Circé, et lîle des Phéaciens, une Trois détruite, une Ithaque à reconquérir.
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Revue n°1
Sommaire
Fulvio Tomizza Il est triste de vieillir dans une ville de vieillards Jean-Baptiste Para Trieste ou l’avenir d’une nostalgie Giuseppe O.Longo La signora Enzi Boris Pahor L’alphabet muet de la nuit Entretien avec Marcello Mastroanni Raúl Antelo Le cartographe et la boue César Aira El llanto María Negroni Le rêve d’Ursula Hugo Gola Poèmes Anacristina Rossi La folle de Gandoca Claribel Alegría Poèmes Ernesto Cardenal Poèmes Ana Istarú Poèmes Roberto Sosa Poèmes Robert Castillo L’ange Augusto Monterroso L’éclipse Tatiana Lobo Amanda Sergio Ramirez À Jackie, si chère à notre cœur Enrique Jaramillo Silvia, je t’aime Ilarie Voronca Saint-Nazaire Nikolaï Kantchev Le Karma du Samouraï Katica Kulavkova Inquiétude métaphysique Victor Sosnora Poèmes Salah Stétié La mer de Koan Gao Xingjian Valse Hawad Notre horizon de gamelles pour une gamelle d’horizons Giuseppe Conte Les jours du nuage

