Chaque fois que je reviens ici au dixième étage du Building, la vieille table est coincée entre la colonne et le mur de la terrasse, son plateau replié en deux. Elle porte la saleté du temps, dont je suis maintenant convaincu qu’il correspond à celui de mes absences. Malgré ses dimensions elle est très lourde, ce qui vaut plutôt mieux vu le vent qui souffle par ici, sauf quand vient le moment de la déplacer. Chaque fois que je reviens ici, je prends cette petite table, je l’ouvre, je la nettoie, je la redouvre avec la natte de plage que j’ai trouvée dans le placard de l’entrée, et je transforme l’ensemble en un parfait bureau que j’utilise le plus souvent possible, chaque fois que je reviens ici. Mais la première fois c’était en hiver et cette petite table, je l’ai seulement nettoyée et je ne m’en suis jamais servie. pas sur la terrasse, en tout cas. J’ai toujours voulu avoir une terrasse où écrire et celle-ci, en plein en face de la Loire, en pllein à côté de l’Océan, en plein au-dessus du port de Saint-Nazaire, tellement haute et avec le monde entier autour ressemble exactement à l’idéal de toutes les terrasses.
auteur : F
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Sentiments subversifs
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La consultation
La clé que m’avait remise Olga était la bonne. Tandis que la porte s’ouvrait en grinçant, ma main se posa d’elle-même sur le commutateur. Ma main se souvenait parfaitement. J’étais souvent venu en visite avec la nièce de Hilda, à une époque que rien ne peut plus rappeler. Pas même un nom.
Et pourtant : bribes de souvenirs, brassages, remous, chemin perdu au milieu des broussailles, au-delà de la barrière de l’oubli, du café et des gâteaux, superpositions multiples, stratifications, café et gâteaux, maté et factura, le café léger et la tarte au sucre, le maté sucré et la pâtisserie fine recouverte de paillettes multicolores, des paillettes de sucre minuscules ; comme si c’était exprès, comme si elle, Hilda obéissait à un instinct d’autodestruction, juste un petit morceau de gâteau rien qu’un, puis un autre, puis un troisième, gourmande comme elle était, comme elle l’avait aussi été enfant, et aujourd’hui, autrefois et maintenant, diabétique et gourmande. Sa mauvaise conscience venait-elle de là ? Parce qu’elle se détruisait elle-même ? Et que ça n’est pas permis non plus, se détruire, s’anéantir. Dios te castigó
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Revue n°17 – Athènes / Santiago
Sommaire
Patrick Deville Editorial Présentation d’Olivier Descotes Génération X Chrìstos Ikonòmou Le petit soldat de plomb Chrìstos Asterìou Le vide encore Chrìstos Chryssòpoulos Le mythe de Février Martinidis Dìmìtris Stefanàkis L’été en toutes lettres Yànnis Doùkas Yànnis Makridàkis Le chant du merle Yànnis Mavritsàkis Déplacement vers le rouge Yànnis Palavos La croix Ionnà Bourazopoùlou Nadir Thanàssis Hatzòpoulos Visite de temps Présentation de Felipe Tupper Carlos Franz Espagnols perdus en Amérique Mauricio Electorat Monsieur M Jorge Edwards Découverte de la peinture Lina Meruane Lames de rasoir Leonardo Sanhueza Je me souviens de Clifford Alejandro Zambra Fantaisie Raúl Zurita Trois songes avec Shakespeare, une nuit d’été Nicanor Parra Poèmes Damiela Eltit Même si je me lavais à l’eau de neige Diego Zúñiga Le langage des oiseaux Diego Maquieira Le poulailler -

Revue n° 13 – Madrid / Copenhague
Sommaire
Patrick Deville Editorial Karl Ejby Poulsen Let’s meet again Jan Sonnergaard C’est dur d’être bailli quand votre femme est préfet Ursula Ankjær Olsen Atlas des trous du monde Jens Smærup Sørensen Mots tu es Jørgen Sonne Jour Katrine Marie Guldager Nørreport Susanne Jorn Mains de rêve Naja Marie Aidt Dimanche Peter Laugesen Tout seul dans le monde et hype comme diable Morten Søndergaard Vade-mecum Pia Tafdrup Les chevaux de Tarkovski Thomas Thøfner Les atomes de l’âme José Manuel Fajardo Une norme : la diversité Rosa Montero La folle du logis José Carlos Somoza Clara et la pénombre Belén Gopegui L’échelle des cartes Cristina Fernández Cubas L’horloge de Bagdad Enrique Vila-Matas Impressions de Saint-Nazaire Ignacio Martínez de Pisón Les nocturnes Bernardo Atxaga Écrire un conte en cinq minutes Manuel Rivas L’immense cimetière de La Havane Miquel de Palol Histoire du grand vérificateur José Ovejero Elle dansait le tango -

Revue n°9 – São Paulo / Le Cap
Sommaire
Patrick Deville Éditorial Patrick Houdin Présentation Modesto Carone Des jours meilleurs Zulmira Ribeiro Tavares La curieuse métamorphose pop de Plácido Bernardo Carvalho Quatre mouvements progressifs de la chaleur Nelson de Oliveira À cette époque nous avions un chat Fernando Bonassi Les mots et les choses Luiz Ruffato La Démolition Bruno Zéni Corps à corps avec le béton Veronica Stigger Domitila Milton Hatoum Deux temps Luis Fernando Verissimo Le policier anglais Maud Félix-Faure Présentation André Brink Peut-être jamais (extrait) J.M.Coetzee Conférence Nobel Lui et son homme Sello Duiker Cette violence qui sommeille dans les rêves Antjie Krog Poèmes ménoposaux/ Rencontre d’athlétisme dans la nouvelle Afrique du Sud Zakes Mda Le messager des baleines Zoë Wicomb Rien à voir avec le vent Ivan Vladislavic Une île accidentelle
