Qu’elle s’en prenne au passé ou au présent, la littérature est un jeu de la mémoire, personnelle ou collective. Elle remet en perspective des temps écoulés ou consigne les moments d’aujourd’hui pour servir une lecture du monde à venir. Son point de vue diffère à la fois de celui de l’historien et de celui du journaliste. Qu’elle joue ou non avec la fiction, elle tend à une mémoire juste.
Pas tant à la simple vérité ou au témoignage. Mais plutôt à la fois à la justice et à la justesse (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil La mémoire juste, Meet 2011
La mémoire de la guerre Laurent Van des Stockt, Patrick Chauvel, Enrico Dagnino, Milomir Kovacevic – Vernissage galerie des Franciscains. – 17/11/2011 – Life
La littérature portoricaine contemporaine Edgardo Rodríguez Juliá, Melanie Pérez Ortiz, Hector Feliciano, – 18/11/2011 – Life
La mémoire juste Tahar Bekri et Khaled Osman – 18/11/2011 – Life
La mémoire juste Anna Kim, Maylis de Kerangal, Edgardo Rodriguez Julia – 18/11/2011 – Life
La mémoire juste du récit graphique Séra et Kris – 19/11/2011 – Life
La littérature cambodgienne contemporaine Neng Kanitha, Kao Seiha, Phœung Kompheak, Patrick Deville, Séra et Chhut Khay – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Sophie Képès, Rafael Chirbes, Jérôme Ferrari – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Pierre Michon, Hector Feliciano, Patrick Deville – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Geneviève Brisac, Yigit Bener, Neng Kanitha – 19/11/2011 – Life
La mémoire juste Sylvie Germain, Phœung Kompheak – 20/11/2011 – Life
Les prix littéraires Reinhard Jirgl, Martine Rémon, Marie-Simone Rollin – 19/11/2011 – Life
Ecrire à Saint-Nazaire Eduardo Halfon, Yigit Bener, José Manuel Fajardo – 20/11/2011 – Life
La frontière, the borderline,la frontera, est un objet littéraire fascinant. On entend bien que le mot dès qu’il est traduit se charge de connotations différentes. Elle attire ou elle suscite la peur, l’inquiétude. Frontière géographique, politique, économique, linguistique. Là où commence l’ailleurs, l’autre, l’autre langue, l’autre soi-même aussi, parce qu’on n’est jamais tout à fait le même avant et après le frontière. Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Franchir la frontière, Meet 2010
La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs publie chaque année un recueil de textes sur un sujet proposé à une quinzaine d’écrivains : après Le Lecteur idéal, Les Bonheurs de Babel, L’invention du Livre, Lectures lointaines, Avoir Vingt ans, voici L’histoire ou la géographie, manière de savoir quelle place tiennent ces deux-là à la quinzaine d’écrivains invités dans leur vie, dans leurs livres, quelle place elles tenaient dans leur imagination d’enfant, si l’une des deux joue un rôle particulier, voire principal, dans leur travail et leur intérêt de lecteur, si les rapports qu’ils entretiennent avec elles ont évolué au fil du temps, comment leurs livres et leur vie se jouent de cet équilibre précaire, à la croisée de ces deux réalités, l’une réversible et l’autre non. (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil L’histoire ou la géographie, Meet 2008
Qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? Dans quelle ville étiez-vous ? Que lisiez-vous ? Écriviez-vous ?
À l’occasion des vingt ans de la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs nous posons ces questions à une vingtaine d’écrivains de générations différentes, éparpillés autour du monde. Mais on pense à ce rêve borgésien dans lequel tous les livres de la bibliothèque seraient écrits par une seule personne. Elle change de sexe et de continent, de style et de langue. Elle passe la Révolution culturelle dans la campagne chinoise, vole comme l’ange de Wenders de Berlin-ouest à Berlin-est, puis de Beyrouth-est à Beyrouth-ouest. Elle étudie la chimie ou la philosophie, collabore à des journaux canadiens, puis brésiliens, crée des revues littéraires au Japon, en Iran et au Portugal. Elle est partout sur la planète, parfois douée d’ubiquité, souvent seule. Elle a toujours vingt ans. Deux fois apparaît dans les pages de ce recueil publié pour les rencontres Meeting n°5, Greta Garbo, l’icône de la solitude. Patrick Deville
C’est toujours un peu la même question. De celles qu’on aime parce qu’elles de connaissent pas de réponses. Il convient de les manipuler, de jouer avec. Qu’est-ce que lire et comment devient-on lecteur ? Pourquoi on devient écrivain. Répéter les choses simples, aussi : que la lecture ni l’écriture ne sont des hobbies, et ne ressortissent au divertissement, mais à l’extrême attention portée sur le monde. Que la littérature est la seule voie sans doute d’accès à la condition humaine, sur quoi les sciences et la raison finalement nous disent si peu (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Lectures lointaines, meet 2006
En novembre 2006 les rencontres littéraires internationales n’étaient pas encore filmées.
La phrase paradoxale et française, l’idiotisme, est difficile à traduire : C’est reparti comme en Quatorze ! qui signifie encore aujourd’hui que, finalement, tout va pour le mieux, et, qu’après quelques inquiétudes, tout est à nouveau sur la bonne voie, et dans l’optimisme. Comme en Quatorze ! (…) Tout cela est-il reparti comme en Quatorze ? Les écrivains et les artistes d’une manière plus générale, ont-ils là-dessus leur mot à dire ? Ont-ils un devoir d’alerte ? Ou bien la littérature, à la différence du journalisme, doit-elle, de tout cela, se foutre comme de l’an Quarante ? (…) Patrick Deville
Extrait de la préface du recueil Comme en Quatorze, Meet 2013
La Maison des écrivains étrangers et des traducteurs mettra cette année l’accent sur le T de la MeeT, mettra à l’honneur les traducteurs et la littérature traduite, et donc aussi les écrivains, puisque le titre choisi pour ces rencontres, « Traduire la vie », convoque Proust et la Recherche, et l’idée que c’est la grande entreprise de la littérature de traduire la « vraie vie » et de nous l’offrir, comme le narrateur dans Le Temps retrouvé découvrant que, « flatté d’être bien reçu chez les Guermantes, et d’ailleurs un peu grisé par leurs vins, je ne pouvais m’empêcher de dire à mi-voix, seul, en les quittant : “ Ce sont tout de même des êtres exquis avec qui il serait doux de passer la vie”, je m’apercevais que ce livre essentiel, le seul livre vrai, un grand écrivain n’a pas, dans le sens courant, à l’inventer puisqu’il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur ».
Claude Lévi-Strauss écrivait il y a soixante ans que le voyage était déjà fini – jugement très excessif sans doute aux yeux des anthropologues et archéologues d’aujourd’hui qui découvrent encore des peuplades inconnues et des civilisations englouties.
Quant à la littérature de l’Europe, qui depuis toujours se nourrit de l’ailleurs et de l’étranger, s’en va voir là-bas, comment en ce siècle est-elle confrontée à l’apparition de nouvelles barrières dressées devant l’arrivée des migrants, la question n’est pas nouvelle, et Hugo déjà depuis son exil s’élevait contre les frontières : « Etranger ?
Que signifie ce mot ? Quoi, sur ce rocher j’ai moins de droits que dans ce champ ? Quoi, j’ai passé ce fleuve, ce sentier, cette barrière, cette ligne bleue ou rouge visible seulement sur vos cartes, et les arbres, les fleurs, le soleil ne me connaissent plus ? Quelle ineptie de prétendre que je suis moins homme sur un point de la terre que sur l’autre ! » Comment vivons-nous, écrivains français, polonais ou italiens, ce terrible déséquilibre, nos si faciles aller-retour partout sur la planète, quand l’aller simple est interdit à tant d’autres ? L’aventure géographique nous est-elle interdite ou, au contraire, devons-nous plus encore continuer d’aller voir là-bas ?
Littérature italienne contemporaine Mauro Covacich, Roberto Ferrucci, José Angel Gonzalez Sainz, Simonetta Greggio, Tiziano Scarpa – 18/11/2016 – Life
Hommage à Ryszard Kapuscinski par Jean-Pierre Morel – 19/11/2016 – Life
L’aventure géographique Alain Borer, Patrice Franceschi, Jean-Marie Laclavetine – 19/11/2016 – Life
Dialogue André Velter, Ernest Pignon Ernest – 19/11/2016 – Life
Ecrire à Saint-Nazaire Wang Yin, Chantal Chen-Andro, Roberto Ferrucci, Edwin Madrid – 19/11/2016 – Life
Dialogue avec Marie Darrieusecq – 19/11/2016 – Life
Récital de poésie Par vent portant André Velter et Gaspar Claus – 19/11/2016 – Life
Dialogue Jean-Christophe Rufin, Patrick Deville – 20/11/2016 – Life
L’aventure géographique Justyna Bargielska, Mauro Covacich, Filip Springer – 20/11/2016 – Life
L’aventure géographique Horacio Castellanos Moya, Sébastien Lapaque, Wang Yin – 20/11/2016 – Life
L’aventure géographique Olga Tokarczuk, Simonetta Greggio, Tiziano Scarpa – 20/11/2016 – Life
Remise des prix Laure Bataillon, Laure Bataillon classique et jeune littérature latino américaine Gabriel Josipovici, Bernard Hœpffner, Alain van Crugten, Felipe Troya – 20/11/2016 – Life
La dix-septième édition du festival Meeting s’est tenue en novembre 2019 entre Saint-Nazaire et Paris. Retrouvez en intégralité les captations de l’ensemble des rencontres nazairiennes.
Parce qu’au début, pendant une période plus ou moins longue, on écrit sans être écrivain : c’est le premier éditeur qui, en quelque sorte, adoube et confère ce titre.
Ces parcours sont divers dans leur disparité géographique et historique. Alors qu’en France, le parcours classique était autrefois seulement postal : l’envoi du manuscrit, l’attente de la réponse, parfois une lettre de refus et parfois un appel téléphonique ou un télégramme, méthodes et manières semblent avoir changé. Nous avons demandé à dix-huit écrivains d’origines, de générations différentes de nous raconter comment pour eux ça a commencé.