auteur : H

  • Contrées

    Contrées

    Quatre bandits

    Au Copton club

    de Harlem

    chaque nuit

    nous étions quatre buveurs

    joyeux bandits capables de souffler

    n’importe où pratiquement

    pourvu qu’on eût de la musique

    nous prenions du bon temps sans vraiment nous soucier

    du pain et autres foutaises

    Non loin

    à cent mètres de chez lui

    mourut assassiné

    le premier d’entre nous

    Chano Pozo

    percussionniste

    confondu

    si l’on en croit la légende

    avec un faux prophète

    l’endroit était ainsi

    et il nous enchantait

    Partout l’on trouve

    du blues ou du gospel commercial

    Jamais au Copton

    ni à l’office dominical (…)

    Miguel HUEZO MIXCO

  • Dernières pensées d’un mort

    Dernières pensées d’un mort

    28 mai

    Déjà la fin du mois. La chaleur dans cette ville, est presque intenable. Je me demande si je vais pouvoir la supporter longtemps. Dans le métro, c’est pire. Bien pire. Dehors ? Dehors, la lumière est aveuglante. On se sent cloué au sol. Mais au moins on a une chance. Dans le métro, la chaleur est accablante, épaisse, omniprésente.

    Et la puanteur – presque corrosive. Je n’ai jamais rien connu de pareil. Avant-hier – ambiance nettement différente. Suis allé Gare du Nord prendre des billets. Au retour à Châtelet, une scène affreuse, trois gendarmes debout près du corps immobile d’un jeune homme. Je suis assez près pour voir un filet de sang couler de sa bouche. La station est bondée. La tension est presque palpable. On attend longtemps. L’atmosphère est étouffante. Je décide de rentrer à pied.

    31 mai

    Le métro est en grève. Les gens commencent à se demander comment ça va être en été.

    Coup de fil de Bouthemy – vient me chercher à Nantes.

    Mark HENSHAW

  • Buveurs de braises

    Buveurs de braises

    Ô assoiffés nous avons bu les braises

    Sans se soucier du feu

    mémoire qui dévore son sillage

    l’astre galope depuis mille ans

    à la recherche du double

    de sa raison

    Sans attendre les noces

    de la fleur et du printemps

    l’été en plein désert

    un papillon embrasse

    la craquelure de braise

    auréolant les lèvres

    de l’orphelin touareg

    que broient

    les chars du Sahel

    (…)

    HAWAD

  • Saturne

    Saturne

    Vos lettres, père, me parvenaient deux fois par an. J’étais loin, à l’université, mais vous, vous étiez plus loin de moi encore. Au début, naïvement, j’ouvrais l’enveloppe avec une émotion retenue. Et, toujours, immanquablement, une page pliée en trois. Une simple page à l’en-tête de votre entreprise. Mal pliée, à la va vite, j’imagine. Je guettais vos mots, père, j’en avais besoin et je la dépliais cette page, avec impatience. Et telle une feuille morte se balançant dans la brise, lentement, le chèque tombait à terre. Je l’y laissais, n’y attachant pas plus d’importance qu’à mes pieds, car ce qui m’intéressait avant tout, ce n »était pas votre argent, père, mais vos mots. Naïvement je guettais vos mots. Et au milieu de cette feuille, écrit à l’encre noire, je trouvais toujours la même chose : votre nom. Rien d’autre. Juste votre nom, signé à la hâte. Un mot. Juste un mot. Le père est un nom.

    Eduardo HALFON

  • Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince

    Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation de Jean-Noël Juttet
    Hwang Jeong-eunUne ville de chat
    Hwang Sok-yongUn monde famillier
    Jin Eun-youngQuatre poèmes
    Kim Hye-soonHorizon
    Kim Un-suL’estuaire
    Kim YeonsuMi en avril, sol en juillet
    Kwak Hyo-hwanTrois poèmes
    Lee Seung-ULa baignoire
    Park Chan-soonSix gouttes d’eau
    Pyun Hye-youngMenu A
    Shim Bo-seonDeux poèmes
    Song Sok-zeCe type, je vous jure
    Présentation de Bernard MagnierPort aux poètes
    Stéphanie BalmirTout est à recommencer
    Auguste BonelJe marche dans la ville
    Mehdi ChalmersLa ville où je suis néPas même ce qui n’a pas de mots
    Louis-Philippe DalembertBel-air
    Jacques Adler Jean PierreDidascalie d’une ville accroupie
    Syto KavéPort-au-prince dort
    Yannick LahensEt tout ce malaise
    James NoëlToutes ces villes qui se trompent de trottoirs
    Makenzy OrcelColomb guette manman w !
    Guy Régis JuniorUrinoir
    Rodney Saint-ÉloiLe poème s’appelle Port-au-prince
    Lyonel TrouillotNous sommes des villes disparues
    Gary VictorLes galets
    Evains WêcheOù se situe Port-au-prince sur le web ?, À Port-au-prince, c’est chaque jour le carnaval

  • Revue n°17 – Athènes / Santiago

    Revue n°17 – Athènes / Santiago

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation d’Olivier DescotesGénération X
    Chrìstos IkonòmouLe petit soldat de plomb
    Chrìstos AsterìouLe vide encore
    Chrìstos ChryssòpoulosLe mythe de Février Martinidis
    Dìmìtris StefanàkisL’été en toutes lettres
    Yànnis Doùkas
    Yànnis MakridàkisLe chant du merle
    Yànnis MavritsàkisDéplacement vers le rouge
    Yànnis PalavosLa croix
    Ionnà BourazopoùlouNadir
    Thanàssis HatzòpoulosVisite de temps
    Présentation de Felipe Tupper
    Carlos FranzEspagnols perdus en Amérique
    Mauricio ElectoratMonsieur M
    Jorge EdwardsDécouverte de la peinture
    Lina MeruaneLames de rasoir
    Leonardo SanhuezaJe me souviens de Clifford
    Alejandro ZambraFantaisie
    Raúl ZuritaTrois songes avec Shakespeare, une nuit d’été
    Nicanor ParraPoèmes
    Damiela EltitMême si je me lavais à l’eau de neige
    Diego ZúñigaLe langage des oiseaux
    Diego MaquieiraLe poulailler