Ton père est allé chez le coiffeur, dit maman. Elle a prononcé ces paroles il y a plus de vingt ans.
Une journée du début de l’automne. Il fait chaud, l’été lézarde à la fenêtre étincelante. Ce jour-là, j’imagine, mon père arrange très logiquement comme toujours le col de son habit, il échange quelques mots avec le gardien au sujet de la réparation de la canalisation d’eau, puis, marchant sur des pétales blancs tombés d’un vieux sophora, il débouche tranquillement en plein soleil.
Le commissariat de police a reçu un mandat de recherche, mais au bout de plusieurs jours il n’a toujours pas donné de nouvelles. Alors, maman entreprend ses propres recherches, elle fouille dans tous les endroits suspects, ligne de chemin de fer ou puits. Elle a découvert, j’imagine, un certain nombre de visages inconnus ; les uns ont de jolies boucles d’oreilles, d’autres ont une bouche incrustée de dents dorées, sur d’autres un air de sempiternelle colère envers les voisins est figé ; mais tous lui sont inconnus. C’est une saison où subitement la population diminue, non à cause d’une guerre, ni du fait de la peste, mais par suite du déferlement d’une tempête politique – tempête qui finira par être oubliée, ou dont le souvenir se déformera.
zone géographique : Chine
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L’obsession des chaussures
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Poèmes de Saint-Nazaire
chaque fumée bleue accédant au code dans le maïs
préserve chaque arbre surgi dans l’explosion
chaque rizière à caractère régional au sein de la langue
préserve le bruit du coup de fusil resté dans les poumons
chaque champ de blé de la chevelure noire en piqué
préserve chaque visage tatoué
préserve la langue maternelle au milieu des scories
préserve le Nord transpercé dans la douleur
préserve la Grande Muraille fendue par les nuages d’hiver
préserve dans les slogans la déviance prolongée de
l’imperfection bucolique des ces monts, de cette eau,
le rapt pur préserve la résistance pure