zone géographique : Chine

  • Les Bonheurs de Babel

    Les Bonheurs de Babel

    Recueil meeting 2004

    Plaçons d’emblée ces Bonheurs de Babel sous les auspices de l’auteur de La langue sauvée, de cet enfant né à Roustchouk dans l’empire ottoman – aujourd’hui Ruse en Bulgarie – qui apprend à l’âge de huit ans sa cinquième langue, l’allemand, et celle-ci deviendra sa langue d’écrivain. C’est avec un passeport turc qu’il fuira l’Autriche pour l’Angleterre en novembre 1938 (…)

    Les écrivains invités cette année ont accepté d’écrire à leur tour ce que le cosmopolitisme et le multilinguisme apportent à leur vie, à leur bonheur de lecteur et à leur travail d’écrivain (…)

    Patrick Deville – Extrait de la préface.

    Sommaire
    Emmanuel CarrèreVoix off
    Eduardo BertiEn dansant, en marchant
    Nedim GürselÉcrire entre deux langues
    Hans Christoph BuchInterview de moi-même
    Juan José SaerEntre deux eaux
    Marcel BénabouLe multilinguisme des miens
    Zakes MdaBonheur de Babel
    Lisa BresnerL’homme sans l’extrême Orient ? L’homme sans l’Occident ?
    Yang LianTour Capella
    Asli ErdoganLe bruit des autres
    Song LinUne lettre sur l’écriture en langue étrangère
    Spôjmaï ZariâbLa magie de Babylone
    Enis BaturLangue maternelle, langue d’adoption, langue autre
    Lorand GasparLangues et cultures

  • L’Histoire ou la Géographie

    L’Histoire ou la Géographie

    Recueil meeting 2008

    La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs publie chaque année un recueil de textes sur un sujet proposé à une quinzaines d’écrivains : après Le lecteur idéal, Les Bonheurs de Babel, L’invention du Livre, Lectures Lointaines, Avoir vingt ans, voici L’Histoire ou la Géographie, manière de savoir quelle place tiennent ces deux-là dans leur vie, dans leurs livres, quelle place elles tenaient dans leur imagination d’enfant, si l’une des deux joue un rôle particulier, voire principal, dans leur travail et leur intérêt de lecteur, si les rapports qu’ils entretiennent avec elles ont évolué au fil du temps, comment leurs livres et leur vie se jouent de cet équilibre précaire, à la croisée de ces deux réalités, l’une réversible et l’autre non. Ensuite ces écrivains sont invités à se rencontrer sur le port de Saint-Nazaire, à poursuivre en commun, et devant les lecteurs, leurs réflexions, et leurs conversations sont enregistrées et filmées, conservées dans le temps, pour ceux qui n’ont pu se déplacer dans l’espace. Ces images, qui complètent ce recueil, peuvent être consultées.

    Préface de Patrick Deville.

    Sommaire
    David AlbahariLa langue est de l’histoire, et le récit est de la géographie
    Arno BertinaLa carotte et le mouvement
    Ying ChenHors les trains
    Antônio DutraLe temps d’avant
    Mathias EnardAu dernier soir sur cette terre
    Gamal GhitanyHorizon cairote
    William GibsonTime Machine Cuba
    Vassili GolovanovLe Voyage comme Création
    John HaskellGéographie et Histoire
    Chenjerai HoveL’écrivain, le site, l’ »historico-site » et la société
    Lídia JorgeSlot machine
    Alaa KhaledSe lier avec un lieu, c’est un peu comme…rencontrer un inconnu dans un train
    Hadrien LarocheDiscontinuité
    Iman MersalNi l’Histoire, ni la Géographie
    Wilfried N’SondéLes histoires, la géographie…et moi !
    Lydie SalvayreFatarella
    Boualem SansalHistoire/géo ou le piège de l’ubiquité
  • Avoir (encore) vingt ans

    Avoir (encore) vingt ans

    Recueil meeting 2023

    Avoir (encore) vingt ans

    Qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? Dans quelle ville étiez-vous ? Que lisiez-vous ?
    Écriviez-vous ?
    À l’occasion des vingt ans de la Maison des Écrivains Étrangers et des
    Traducteurs, nous posons ces questions à une vingtaine d’écrivains de générations différentes, éparpillés autour du monde. Mais on pense à ce rêve borgésien dans lequel tous les livres de la bibliothèque seraient écrits par une seule personne. Elle change de sexe et de continent, de style et de langue. Elle passe la Révolution culturelle dans la campagne chinoise, vole comme l’ange de Wenders de Berlin-est à Berlin-ouest puis de Beyrouth ouest à Beyrouth-est. Elle étudie la chimie ou la philosophie, collabore à des journaux canadiens et brésiliens, crée des revues littéraires au Japon, en Iran et au Portugal. Elle est partout sur la planète, parfois douée d’ubiquité, souvent seule. Elle a toujours vingt ans. Deux fois apparaît dans ces pages Greta Garbo, l’icône de la solitude.


    J’écrivais ces lignes en 2007 pour les vingt ans de la Meet. Elle en a trente-six. Et c’est à présent, en 2023, la vingtième édition des rencontres Meeting de novembre. En 2007, celles-ci mettaient à l’honneur les littératures japonaise et angolaise,  » Tokyo / Luanda « , et cette année les littératures estonienne et sénégalaise, « Dakar / Tallinn « , et l’idée m’est venue de reprendre ces textes et d’y adjoindre les écrivains invités cette année, de leur poser les mêmes questions, de les insérer dans la chronologie de ces années où tous eurent vingt ans, éternellement, jeunes garçons et jeunes filles dans toutes ces villes, dans toutes ces époques, partageant le goût de la lecture, cette confiance et cette nécessité de la littérature, sa permanence et son infini renouvellement.

    Patrick Deville

    Sommaire
    Gabriela Adamesteanu Bucarest / 1962
    Gil CourtemancheMontréal / 1963
    Hans Christoph BuchBerlin / 1964
    Tendo TaijinTokyo / 1964
    Giuseppe ConteMilan / 1965
    Ikezawa NatsukiTokyo / 1965
    Ken BugulThiès / 1967
    Boualem SansalAlger / 1969
    Juan Carlos MondragonMontevideo / 1971
    Nedim GürselIstanbul / 1971
    John BurnsideCambridge / 1975
    Yang LianPékin / 1975
    Hakan LindquistStockholm / 1978
    Doris KarevaTallinn / 1978
    Charif MajdalaniBeyrouth / 1979
    José Eduardo AgualusaLisbonne / 1981
    Luiz RuffatoJuiz de Fora / 1981
    Javier CercasBarcelone et Gérone / 1982
    Philippe ForestParis / 1982
    Khadi HaneDakar / 1982
    Marie-Hélène LafonParis / 1982
    Philippe BeckParis / 1983
    Abdelaziz Baraka SakinKhashm el-Girba / 1983
    Santiago GamboaMadrid / 1985
    Tiit AleksejevTartu / 1988
    Tas AwLondres / 1991
    Arnaud CathrineParis / 1993
    Grânâz MoussaviTéhéran / 1994
    Hirano Keiichiro Kyoto / 1995
    Ismaël JudeAix-en-Provence / 1996
    Patrice PluyetteLe Mesnil-Saint-Denis / 1997
    Katrina KaldaTallinn / 2000
    Maylis BesserieCork / 2002
    Ercan YilmazKars / 2002
    Lamp Faal KalaLouga et Ndar / 2004
    Mbougar SarrCompiègne / 2010
  • Parce que

    Parce que

    Le marin a perdu son amour, déjà lentement sombre

    le roi est assis sur son trône, mais son pays est en perdition dans la rue où vole la poussière

    je sors mon mouchoir, inspecte la trame blanche

    les larmes, voiture à cheval sans cocher

    sans roues non plus

    possèdent le vent violent tout chargé de leur peine infinie

    il entre dans l’ombre du printemps

    Wang YIN

  • Impressions d’été

    Impressions d’été

    1

    Maman, Regarde !

    Regarde, maman !

    Maman, regarde !

    2

    Terrasse vide

    Des voitures passent

    le vent arrive

    3

    Précipitée au balcon

    La gorge sèche

    Une ombre file

    (…)

    Ying CHEN

  • La maison sur l’estuaire

    La maison sur l’estuaire

    Illumination

    L’écureuil a tourné vers le ciel

    ses membres parcourus par les lésions internes du réel

    en une pose convulsive, ou plutôt sensuelle.

    Qui, à corps perdu, se jette dans l’automne cristallin ?

    Un thermomètre fiché dans les veines, fiché à la fenêtre,

    fait grimper les feuilles comme des panthères,

    les fais sauter à la hâte dans l’autre moitié perdue du rêve.

    Qui, brusquement de ton corps extirper, rejette le néant ?

    Le langage disparaît dans l’eau. Le vent emporte les idéogrammes.

    Encore une histoire avec un auteur mais sans lecteur.

    Ce regard vert, une fois là, est souffrance.

    Chaque année le dernier sein excisé

    se balance, écoute, telle la succion sans âme du nourrisson, la nuit s’éloigner. Quelqu’un, une fois de plus, fut disloqué en temps.

    Être assis sous un arbre à la signification bleu-vert,

    comme cramponné au froid, aux erreurs commises.

    Yang LIAN

  • Fragments et chants d’adieu

    Fragments et chants d’adieu

    La séduction venue de la sérénité des montagnes, ces personnages dans le paysage, nous ramènent aux Wei, aux Jin. Être assis, désœuvré, pensant au vin, au travail des champs, à la poésie, les regards lointains et la tristesse âcre de l’horizon ne font plus qu’un.

    Au-dessus du chant de l’oiseau, coulant entre les gorges du toit pointu d’un clocher de campagne, du bois touché par le premier givre, les cimes étranges d’une terre autre, tel un paravent, se déroulent ; en haut, des herbes fanées et la neige de l’hiver dernier.

    Grimper comme Kuafu peiner en vain à la poursuite de la roue lancée des saisons, avant le coucher du soleil, devoir reprendre ce même chemin. L’arc-en-ciel couleur de chair, ce dévoreur de nuages et de lumière, entre au fond du verre à pied. Les sons du luth dont joue l’ermite sur le lac ont brisé l’oie sauvage en son retour. La vigne, femme plante à la peau touchée par le givre, ses larmes qui accueillent-elles ?

    SONG Lin