zone géographique : Chine

  • Parce que

    Parce que

    Le marin a perdu son amour, déjà lentement sombre

    le roi est assis sur son trône, mais son pays est en perdition dans la rue où vole la poussière

    je sors mon mouchoir, inspecte la trame blanche

    les larmes, voiture à cheval sans cocher

    sans roues non plus

    possèdent le vent violent tout chargé de leur peine infinie

    il entre dans l’ombre du printemps

    Wang YIN

  • Impressions d’été

    Impressions d’été

    1

    Maman, Regarde !

    Regarde, maman !

    Maman, regarde !

    2

    Terrasse vide

    Des voitures passent

    le vent arrive

    3

    Précipitée au balcon

    La gorge sèche

    Une ombre file

    (…)

    Ying CHEN

  • La maison sur l’estuaire

    La maison sur l’estuaire

    Illumination

    L’écureuil a tourné vers le ciel

    ses membres parcourus par les lésions internes du réel

    en une pose convulsive, ou plutôt sensuelle.

    Qui, à corps perdu, se jette dans l’automne cristallin ?

    Un thermomètre fiché dans les veines, fiché à la fenêtre,

    fait grimper les feuilles comme des panthères,

    les fais sauter à la hâte dans l’autre moitié perdue du rêve.

    Qui, brusquement de ton corps extirper, rejette le néant ?

    Le langage disparaît dans l’eau. Le vent emporte les idéogrammes.

    Encore une histoire avec un auteur mais sans lecteur.

    Ce regard vert, une fois là, est souffrance.

    Chaque année le dernier sein excisé

    se balance, écoute, telle la succion sans âme du nourrisson, la nuit s’éloigner. Quelqu’un, une fois de plus, fut disloqué en temps.

    Être assis sous un arbre à la signification bleu-vert,

    comme cramponné au froid, aux erreurs commises.

    Yang LIAN

  • Fragments et chants d’adieu

    Fragments et chants d’adieu

    La séduction venue de la sérénité des montagnes, ces personnages dans le paysage, nous ramènent aux Wei, aux Jin. Être assis, désœuvré, pensant au vin, au travail des champs, à la poésie, les regards lointains et la tristesse âcre de l’horizon ne font plus qu’un.

    Au-dessus du chant de l’oiseau, coulant entre les gorges du toit pointu d’un clocher de campagne, du bois touché par le premier givre, les cimes étranges d’une terre autre, tel un paravent, se déroulent ; en haut, des herbes fanées et la neige de l’hiver dernier.

    Grimper comme Kuafu peiner en vain à la poursuite de la roue lancée des saisons, avant le coucher du soleil, devoir reprendre ce même chemin. L’arc-en-ciel couleur de chair, ce dévoreur de nuages et de lumière, entre au fond du verre à pied. Les sons du luth dont joue l’ermite sur le lac ont brisé l’oie sauvage en son retour. La vigne, femme plante à la peau touchée par le givre, ses larmes qui accueillent-elles ?

    SONG Lin