Le Building a quelque chose d’un gigantesque navire ici amarré, que le pont levant n’a pas laissé passer, que le canal n’a pas pu contenir, et qui s’est échoué. Le Building est l’endroit où j’habite et habiterai pendant plus d’un mois ; de grandes et larges fenêtres tiennent lieu de vigies et le sol est stable, mais il garde quelque chose d’un navire éternellement échoué et de son bastingage, l’appui des fenêtres, je ne vois que l’eau, les bouées, les phares, les ponts et une rive lointaine ourlée de lumières quand il fait nuit. Le Building, ici, on l’appelle « Bilding ». C’est au Building que tout commence et – qui peut le dire, du moins pour l’instant ? – que tout doit s’achever ?
Je n’y avais encore jamais pensé mais, au bout du compte, voyages transatlantiques, paquebots, ports et quais ont fait partie de l’horizon de Muriel quasiment depuis sa naissance.
auteur : R
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Chronique sur fond d’estuaire
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Rétrécissements
Herbe vieillie
On ne saurait se retourner
ailleurs qu’en bordure de champ
envahie par dépit pour l’hiver, pour le saindoux
d’un moisi rance, fendu à force de plis
Comme ça également on peut entretenir le soleil
au nom de ce qui déborde
et de ce qui s’évanouit
Déportation
Le petit lapin ne fuit guère
le petit lapin danse simplement
Son souffle je le devine
à peine
comme un craquement de brin
comme des gestes anonymes
dans l’obscurité d’une geôle
Eva RUDYŠAROVÁ-MIŠIKOVÁ
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Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince
Sommaire
Patrick Deville Editorial Présentation de Jean-Noël Juttet Hwang Jeong-eun Une ville de chat Hwang Sok-yong Un monde famillier Jin Eun-young Quatre poèmes Kim Hye-soon Horizon Kim Un-su L’estuaire Kim Yeonsu Mi en avril, sol en juillet Kwak Hyo-hwan Trois poèmes Lee Seung-U La baignoire Park Chan-soon Six gouttes d’eau Pyun Hye-young Menu A Shim Bo-seon Deux poèmes Song Sok-ze Ce type, je vous jure Présentation de Bernard Magnier Port aux poètes Stéphanie Balmir Tout est à recommencer Auguste Bonel Je marche dans la ville Mehdi Chalmers La ville où je suis né–Pas même ce qui n’a pas de mots Louis-Philippe Dalembert Bel-air Jacques Adler Jean Pierre Didascalie d’une ville accroupie Syto Kavé Port-au-prince dort Yannick Lahens Et tout ce malaise James Noël Toutes ces villes qui se trompent de trottoirs Makenzy Orcel Colomb guette manman w ! Guy Régis Junior Urinoir Rodney Saint-Éloi Le poème s’appelle Port-au-prince Lyonel Trouillot Nous sommes des villes disparues Gary Victor Les galets Evains Wêche Où se situe Port-au-prince sur le web ?, À Port-au-prince, c’est chaque jour le carnaval -

Revue n°16 – Quito / Dublin
Sommaire
Patrick Deville Editorial Présentation de César Vásconez Romero Adolfo Macías Huerta L’arbre et le cerf-volant Huilo Ruales Hualca Mécanique de l’orange Alexis Naranjo Atténuantes / Aggravantes Edwin Madrid Chocolats, poésie et rébellion Gabriela Alemán La crise I Ernesto Quiñonez Le feu, la dernière fois Efraín Jara Idrovo Trace de mots Leonardo Valencia Découpe parfaite César Eduardo Carríon Poèmes dans une cage de Faraday Ernesto Carriøn Billy the kid s’obstine à vouloir vieillir – Wanted Juanjo Rodríguez Santamaría Territoire pour une toile de Soutine Isquierdo Salvator Tomás Gutiérrez Alea Présentation de Hadrien Laroche Aidan Higgins Le baron qui venait du Balticum Colm Tóibín Barcelone 1975 Dermot Bolger Les rue de Martha Anne Enright Le week-end de la mauvaise baise John Banville Lupins et papillons de nuit à Rosslare Claire Kilroy The devil i know (extrait) Seamus Heaney Poèmes Colum McCann Comme s’il y avait des arbres Robert McLiam Wilson Le Duc d’Enghein

