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  • Le désâmement

    Le désâmement

    Tout débuta lorsque les autorités expliquèrent lors d’une émission du service Télévisuel Plurisensoriel que le premier juillet entrerait en vigueur le nouveau système comportementaliste HB3 – HB3 behavorial system. Ce procédé complexe ou système multisensoriel avait eu un énorme succès dans les pays développés dès la fin de la dernière guerre civilisatrice – la guerre K2351 – et plus tard en Naponie grâce à le version adaptée plus précisément, copiée par la Osaki Tsuburu Mitsukoko. Débuta n’est pas vraiment le verbe exact, en effet, dans les pays civilisateurs, des millions de porteurs d’âmes possédaient déjà cet équipement multisensoriel alors que dans les pays en développement les éléments féminins subissaient en bonne et due forme une clitosectomie.

    Dans l’Atlantide tiersmondiste, Monsieur Feliciano Burkenheimer – de souche allemande mais élevé dans le tiersmonde – faisait figure de pionnier. Cela faisait des mois que, deux ou trois fois par semaine, pour aller acheter son poisson frit il essayait de laisser son instrument dans un coffre.

    Julio RICCI

  • Un demi-hiver à Saint-Nazaire

    Un demi-hiver à Saint-Nazaire

    Étymologie 1

    Saint-Nazaire vient de sentir la nasse en moyen français. L’expression date de la fin du XVème siècle, une époque où Saint-Nazaire n’était pas encore une ville à part entière. Les habitants des marais de Brière l’utilisaient péjorativement pour désigner les habitants de Saint-Nazaire.

    Ils feraient mieux de commencer par apprendre à sentir une nasse était une insulte couramment et volontiers pratiquée. On voulait dire par là que les habitants de Saint-Nazaire n’y connaissaient rien en poisson, alors qu’ils vivaient au bord de la mer. Au contraire les habitants des marais se considéraient eux-mêmes comme de véritables maîtres pêcheurs.

    Étymologie 2

    Saint-Nazaire vient du très bas-breton Sainnt et Nassi. Au neuvième siècle de notre ère, des marins bretons, après une errance qui les mena en Méditerranée, alors que vraisemblablement ils souhaitaient aller pêcher la morue en Nord Atlantique, ont ramené à Saint-Nazaire une statue en bois égyptienne, qui fut à tort interprétée comme étant une statue de la Vierge, puisque l’on sait maintenant et grâce à son appendice nasal que ladite statuette n’était autre qu’une reproduction de la Reine Cléopâtre, tombée sans doute aux mains des marins lors du pillage d’un bateau syrien (à ce propos, lire l’intéressant article de J-B. Pontreau sur le pillage et l’arraisonnement des navires comme us et coutumes des marins bretons : Les pirates de Bretagne, la vraie vie des marins-pêcheurs, éditions Printo, pp.214-465, Paris, 2001).

    Noëlle REVAZ

    Michael STAUFFER

  • Chronique sur fond d’estuaire

    Chronique sur fond d’estuaire

    Le Building a quelque chose d’un gigantesque navire ici amarré, que le pont levant n’a pas laissé passer, que le canal n’a pas pu contenir, et qui s’est échoué. Le Building est l’endroit où j’habite et habiterai pendant plus d’un mois ; de grandes et larges fenêtres tiennent lieu de vigies et le sol est stable, mais il garde quelque chose d’un navire éternellement échoué et de son bastingage, l’appui des fenêtres, je ne vois que l’eau, les bouées, les phares, les ponts et une rive lointaine ourlée de lumières quand il fait nuit. Le Building, ici, on l’appelle « Bilding ». C’est au Building que tout commence et – qui peut le dire, du moins pour l’instant ? – que tout doit s’achever ?

    Je n’y avais encore jamais pensé mais, au bout du compte, voyages transatlantiques, paquebots, ports et quais ont fait partie de l’horizon de Muriel quasiment depuis sa naissance.

    Wanda RAMOS

  • Rétrécissements

    Rétrécissements

    Herbe vieillie

    On ne saurait se retourner

    ailleurs qu’en bordure de champ

    envahie par dépit pour l’hiver, pour le saindoux

    d’un moisi rance, fendu à force de plis

    Comme ça également on peut entretenir le soleil

    au nom de ce qui déborde

    et de ce qui s’évanouit

    Déportation

    Le petit lapin ne fuit guère

    le petit lapin danse simplement

    Son souffle je le devine

    à peine

    comme un craquement de brin

    comme des gestes anonymes

    dans l’obscurité d’une geôle

    Eva RUDYŠAROVÁ-MIŠIKOVÁ

  • Revue n°20 – Venise / Varsovie

    Revue n°20 – Venise / Varsovie

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation de Agnieszka Zuk
    Dorota MaslowskaBien plus que tu ne peux manger – chroniques paraculinaires
    Magdalena TulliLes escarpins italiens
    Wojciech NowickiGreniers
    Olga TokarczukLes livres de Jacób
    Filip SpringerFerment
    Justyna BargielskaNudelman
    Tomasz RózyckiStation 1 : La rencontre
    Marcin SwietlickiOpérationnel sauf avis contraire
    Bozena KeffLa mère et la patrie. Opus
    Piotr SommerDes jours et des nuits
    Présentation de Roberto Ferrucci
    Gianfranco BettinFantasia
    Giovanni MontanaroLivre V
    J.A. González SainzVenise ou l’art d’exposer
    Marco FranzosoClaudia
    Marilia MazzeoAcqua alta
    Mauro CovacichTintorello
    Romolo BugaroÉté
    Simonetta GreggioRivages
    Tiziano ScarpaL’immersion

  • Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince

    Revue n°19 – Séoul / Port-au-prince

    Sommaire
    Patrick DevilleEditorial
    Présentation de Jean-Noël Juttet
    Hwang Jeong-eunUne ville de chat
    Hwang Sok-yongUn monde famillier
    Jin Eun-youngQuatre poèmes
    Kim Hye-soonHorizon
    Kim Un-suL’estuaire
    Kim YeonsuMi en avril, sol en juillet
    Kwak Hyo-hwanTrois poèmes
    Lee Seung-ULa baignoire
    Park Chan-soonSix gouttes d’eau
    Pyun Hye-youngMenu A
    Shim Bo-seonDeux poèmes
    Song Sok-zeCe type, je vous jure
    Présentation de Bernard MagnierPort aux poètes
    Stéphanie BalmirTout est à recommencer
    Auguste BonelJe marche dans la ville
    Mehdi ChalmersLa ville où je suis né–Pas même ce qui n’a pas de mots
    Louis-Philippe DalembertBel-air
    Jacques Adler Jean PierreDidascalie d’une ville accroupie
    Syto KavéPort-au-prince dort
    Yannick LahensEt tout ce malaise
    James NoëlToutes ces villes qui se trompent de trottoirs
    Makenzy OrcelColomb guette manman w !
    Guy Régis JuniorUrinoir
    Rodney Saint-ÉloiLe poème s’appelle Port-au-prince
    Lyonel TrouillotNous sommes des villes disparues
    Gary VictorLes galets
    Evains WêcheOù se situe Port-au-prince sur le web ?, À Port-au-prince, c’est chaque jour le carnaval