2018 / Devant l’histoire que peut la littérature ?

Devant l’histoire, que peut la littérature ?

RENCONTRES DE FONTEVRAUD
21-23 juin 2018
Inscriptions : meetingsaintnazaire@gmail.com

« Si on admet que les fictions instruisent de l’histoire autrement que l’histoire elle-même, si elles sont le lieu du déchiffrement de la modernité, comme le soutient Balzac, convaincu que la lecture des romans aurait permis à ses personnages de mieux pénétrer le sens de leur destinée historique, pourquoi ne pas conjuguer la perspicacité du romancier et celle de l’historien ? », écrit Mona Ozouf dans Les Aveux du roman en 2001. Ce programme de rapprochement des sensibilités, des accès à la connaissance et des « perspicacités » entre littérature et histoire a été assez largement accompli depuis une quinzaine d’années. On ne citera que les numéros spéciaux des Annales (« Savoirs de la littérature », mars-avril 2010), du Débat (« L’Histoire saisie par la fiction », mai-août 2011), de Vingtième Siècle (« Histoire et roman », octobre-décembre 2011), ou des Temps Modernes (« Formalisme et littérature », novembre-décembre 2013), pour s’en convaincre. Historiens, littéraires, écrivains désormais dialoguent, se lisent, apprennent les uns des autres, et les écritures, tant dans le champ des sciences sociales, de la critique littéraire que dans le paysage foisonnant des romans, récits, fictions contemporains, en témoignent abondamment.
C’est pour questionner ces lectures et ces écritures croisées que les Rencontres de Fontevraud initient un nouveau cycle, « Frontières sensibles : littérature et histoire », qui, tous les deux ans, souhaite réunir dans l’abbaye royale, pour trois journées, les témoins et les acteurs de ce rapproché à multiples facettes. Sous la forme conviviale propre au lieu, tables-rondes, dialogues, ateliers, lectures, conférences, se succèdent et s’entrecroisent afin de faire surgir par l’écoute et le débat quelques interrogations qui nous occupent : quel est l’usage des textes littéraires par les historiens, et inversement, l’usage des textes d’historiens par les écrivains ? Existe-t-il un « style des historiens », autrement dit, l’histoire a-t-elle une écriture ? Comment croiser les « fabriques » respectives du texte ? De l’archive au récit, la littérature et l’histoire s’écrivent-elles mutuellement ? En quoi la littérature est-elle devenue un savoir pour l’histoire ? Il s’agit donc de saisir tout ce qui peut séparer et réunir, hier et aujourd’hui, l’histoire et la littérature. Autant de questions reprises par le titre de ces premières Rencontres de Fontevraud : « Devant l’histoire, que peut la littérature ? ».

Antoine de Baecque et Patrick Deville

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  • Le programme

    , par EB

    Le programme
    Jeudi 21 juin
    15h : Présentation (Antoine de Baecque/Patrick Deville) : « Devant l’histoire, que peut la littérature ? »
    15h30-16h45 : Table-ronde 1, animée par Yann Nicol (Quentin Deluermoz, Alexandre Gefen, William Marx, Alain Vaillant) : « Frontière sensible et Usages de l’autre » (...)